Bongo et Ping crient victoire — Présidentielle au Gabon

31 Août, 2016, 06:27 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le président Ali Bongo Ondimba dépose son bulletin dans l'urne à Libreville le 27 août 2016- AFP MARCO LONGARI

Cette annonce est prévue aux alentours de 19h00 locales (18h00 GMT) et les autorités, selon lesquelles Ali Bongo est bien parti pour l'emporter, ont prévenu qu'elles ne toléreraient aucun autre résultat que celui qui sera officiellement annoncé par la commission électorale. La mission qui confirme comme l'a fait l'Union européenne que l'élection a été libre, transparence et apaisée, condamne les agissements antidémocratiques du candidat Jean Ping qui s'est auto-proclamé vainqueur de l'élection présidentielle avant l'annonce et la confirmation des résultats par les institutions habilitées.

221 ressortissants gabonais inscrits sur les listes électorales ont accompli leur devoir civique à l'ambassade du Gabon à Lomé. Devant ses partisans, Ali Bongo a tourné en dérision le choix de son rival Jean Ping par cette fable, "il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Ce dernier a par la suite été démis de ses fonctions par le président ivoirien. Des violences sont d'ailleurs à craindre dans les prochaines heures, à l'instar de celles qu'avait connu Port-Gentil, la capitale économique du pays, en 2009 à l'issue de la proclamation de la victoire d'Ali Bongo: Consulat de France ou installations de Total incendiés, couvre feu, scènes de pillages, morts, blessés etc.

Mardi en milieu de soirée, M. Ping a appelé les quelques milliers de partisans rassemblés dans une ambiance festive à son quartier général, à "rester mobilisés" et à ne pas descendre manifester dans la rue.

Le scrutin s'est déroulé dans la paix et le calme, sans incident majeur, et le secret du vote a été garanti, assure le ministère. A Paris, le Parti socialiste (PS, au pouvoir) a prévenu qu'il "serait d'une extrême vigilance" à l'heure des résultats. "Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple", ajoute le PS. "Ingérence et néo-colonialisme", a dénoncé le porte-parole d'Ali Bongo.

Tout en déversant, dans son billet d'humeur quotidien, un tombereau d'insultes sur le candidat Ping, à l'image d'une campagne électorale où les coups ont souvent volé très bas dans une partie de la presse gabonaise. Le quotidien national L'Union dénonçait une "intervention scandaleuse et délirante dans les affaires intérieures du Gabon".

L'analyse de notre contact le journaliste est que la France vient de faire savoir à Ali Bongo qu'il devait partir; le reste n'est qu'une question de temps.

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