Forces turques et milices kurdes acceptent d'arrêter les hostilités — Syrie

31 Août, 2016, 11:08 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Un char syrien à 5 kms de la ville-frontière de Karkamis le 25 août 2016

Dimanche prochain, Barack Obama doit rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan en Chine, en marge d'un sommet du G20, pour tenter d'apaiser les tensions, les tentatives de son secrétaire d'État John Kerry n'ayant rien donné.

La Turquie a lancé mercredi dernier une opération appelée "Bouclier de l'Euphrate" dans le nord de la Syrie, visant à éliminer la menace terroriste le long de la frontière turque. "Le but de l'opération est de nettoyer la région du groupe djihadiste EI et d'empêcher le PYD [Parti de l'Union démocratique, NDLR] et les YPG de mettre en place un couloir de bout en bout [qui] diviserait la Syrie", a affirmé le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus, cité par la chaîne de télévision turque NTV.

Mais les Kurdes syriens sont par ailleurs les alliés les plus efficaces des Etats-Unis et de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique. "Nous voulons clarifier que ces combats sont inacceptables et suscitent notre profonde inquiétude", précise le texte.

L'ex-ambassadeur des Etats-Unis à Ankara, James Jeffrey a fait savoir que Washington qui avait assuré à la Turquie que le PYD, branche syrienne de l'organisation terroriste PKK, n'allait pas passer à l'ouest de l'Euphrate, n'avaient pas tenu sa parole.

Des combattants syriens soutenus par des groupes kurdes ont confirmé mardi l'arrêt des hostilités avec l'armée turque mais les forces kurdes syriennes n'ont pas réagi directement aux déclarations américaines.

Selon son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, "les YPG (Unités de protection du peuple kurde), comme les Etats-Unis l'ont promis, et eux-mêmes l'ont déclaré, doivent repasser à l'est de l'Euphrate dès que possible et tant qu'ils ne le feront pas ils (resteront) une cible". Un chef rebelle syrien soutenu par Ankara a déclaré en revanche qu'il n'y avait pas de cessez-le-feu mais seulement une pause dans les opérations militaires.

De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'homme avait affirmé que les bombardements turcs en Syrie avaient provoqué la mort d'au moins 40 civils, des allégations fermement démenties par Ankara, qui assure que l'armée prend "toutes les mesures nécessaires pour éviter de toucher la population civile".

Le Conseil militaire de Jarablos, lié aux Forces démocratiques syriennes pro-Kurdes, a annoncé dans un communiqué que ses forces s'étaient retirées au sud de la rivière Sajur " pour protéger la vie des civils ". Si cette décision va dans le sens des demandes d'Ankara, elle maintient toutefois les combattants affiliés aux FDS à l'ouest de l'Euphrate.

Le ministère turc des Affaires étrangères a répondu que l'opération continuerait jusqu'à ce que les menaces terroristes dans la région arrivent à un niveau qui ne "perturberait pas nos citoyens".

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