La Turquie veut le retrait des kurdes — Syrie

31 Août, 2016, 14:08 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Syrie 20 civils tués dans des bombardements turcs dans le nord

" On est vraiment dans la continuité de l'agenda turc d'empêcher les Kurdes de s'émanciper au sud de sa frontière".

Les États-Unis assurent avoir obtenu que leurs alliés en Syrie cessent de s'affronter.

Ankara affirme que cette opération sans précédent vise à débarrasser la frontière à la fois du groupe extrémiste et des milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple kurde), qu'elle considère comme une organisation "terroriste".

Les forces turques ont en revanche poursuivi leur offensive contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans le nord syrien.

Les tensions entre Ankara et Washington vis-à-vis des forces kurdes en Syrie continuent de s'intensifier, sur fond de différends concernant la récente opération militaire lancée par la Turquie dans le nord de la Syrie.

Des combats violents ont fait des dizaines de morts parmi les milices kurdes et leurs alliés. "Les Turcs et les Forces démocratiques syriennes ont ouvert des canaux de discussion avec nous et entre eux dans le but de limiter les hostilités", a déclaré le colonel Thomas, évoquant un accord de principe pour les deux prochains jours.

Des combattants syriens soutenus par des groupes kurdes ont confirmé mardi l'arrêt des hostilités avec l'armée turque mais les forces kurdes syriennes n'ont pas réagi directement aux déclarations américaines.

Le ministère n'a pas confirmé que la Turquie et les Forces démocratiques syriennes (coalition arabo-kurde dominée par les milices kurdes) avaient accepté d'arrêter les hostilités, comme l'avait affirmé quelques heures plus tôt un porte-parole du Centcom, le commandement militaire américain au Moyen-Orient.

L'intervention turque en Syrie met à rude épreuve les relations entre Ankara et Washington, allié sur le terrain des YPG qui ont fait reculer l'EI.

Un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a assuré à l'AFP que, contrairement à ce qu'indiquaient des journaux turcs, l'ambassadeur John Bass n'avait pas été convoqué, mais qu'il avait reçu "un coup de téléphone" mardi.

La Turquie s'était montrée très irritée mardi au lendemain des critiques "inacceptables" de Brett McGurk, l'émissaire présidentiel américain auprès de la coalition internationale antijihadiste, de son intervention en Syrie.

Aujourd'hui, trois soldats turcs ont été blessés dans des tirs de roquettes contre leur char à Jarablos, a rapporté la télévision turque NTV.

De son côté, l'EI a revendiqué dans un communiqué une attaque-suicide à la voiture piégée contre des rebelles soutenus par Ankara à Al-Kulliyeh.

L'ambassadeur syrien Bachar Jaafari a, lui, rejeté les conclusions du rapport.

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