Le Canada candidat à la banque de développement initiée par la Chine

31 Août, 2016, 17:29 | Auteur: Nathanaël Gerin

"Il faut de la transparence dans son fonctionnement, sinon l'argent pourrait être mal utilisé", martelait l'an dernier le président américain Barack Obama.

"Si nous devenions le premier pays d'Amérique du Nord à rejoindre la BAII, je suis sûr que nous apporterons des positions constructives et équilibrées", s'est défendu Bill Morneau, assurant que le Canada pouvait "aider la banque au niveau de sa gouvernance".

La Chine cherche déjà activement à renforcer son influence diplomatique à travers l'Asie, et jusqu'en Europe, à coups d'investissements massifs dans le cadre de ce qu'elle appelle de nouvelles routes de la Soie - où elle s'efforce d'écouler une partie de ses surproductions dans le ciment et l'acier.

"La décision du Canada d'adhérer à la BAII est la bienvenue et illustre la confiance du pays dans les bases solides établies par la banque au cours de ses premiers mois", a déclaré M. Jin.

Le voyage, d'une durée de huit jours, a été organisé à la suite d'une invitation du premier ministre chinois, Li Keqiang.La Chine, deuxième plus grande économie mondiale, est le deuxième plus important partenaire commercial du Canada.

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, actuellement en visite en Chine, Xi Jinping a indiqué que la Chine était prête à améliorer la communication et la coordination avec le Canada, à protéger un système de commerce multilatéral ouvert et inclusif avec ce pays et à approfondir la coopération dans les domaines du changement climatique, du maintien de la paix et de la protection maritime.

Ces règles étaient censées entrer en vigueur jeudi, mais Li Keqiang a finalement annoncé mercredi un délai, le temps que se poursuivent des discussions bilatérales visant un accord de long terme.

La détention en Chine depuis 2014 d'un Canadien, Kevin Garratt, arrêté près de la frontière nord-coréenne et soupçonné d'espionnage, hantait également la visite de Justin Trudeau.

Celui-ci a déclaré mercredi avoir "attiré l'attention" sur ce cas lors de ses entretiens à Pékin.

Il avait affirmé, avant son départ, qu'il comptait encourager la Chine à "améliorr " son bilan en matière "de droits de l'homme, de gouvernance et de questions de démocratie". L'objectif de sa visite, a-t-il cependant insisté, reste d'établir "un dialogue (bilatéral) solide, stable et continu".

Li Keqiang a rétorqué mercredi que Kevin Garratt serait traité "strictement selon la loi", avant d'appeler à "ignorer les perturbations" pour se concentrer sur "les intérêts d'ensemble" des relations sino-canadiennes.

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