François Fillon rappelle à Sarkozy ses déboires judiciaires — France/présidentielle

01 Septembre, 2016, 02:04 | Auteur: Nathanaël Gerin

Tous les candidats de la primaire à droite veulent supprimer cet impôt.

Si Nicolas Sarkozy veut axer sa campagne sur l " autorité" et l'"identité", Francois Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire misent clairement aussi sur l'économie. Et si tous les ténors de la droite ont officiellement appelé au rassemblement, ils ne se sont pas privés de taper à bras raccourcis sur leurs concurrents.

M. Juppé ne s'est pas privé de répliquer. "Je refuserai d'instrumentaliser les peurs, de flatter les bas instincts". "Non, enfermer des dizaines de milliers de suspects sans contrôle et sans jugement ne réduira pas le risque d'attentat mais l'aggravera", a-t-il souligné en faisant référence à la proposition de Nicolas Sarkozy de mettre en "rétention surveillée" les fichés S.

D'autant qu'on peut s'attendre de la part de Sarkozy à une campagne sans pitié, on peut compter sur lui pour marteler les deux handicaps d'Alain Juppé: son Age 71 ans et son bilan de périmer ministre entre 1995 et 1997, mandat traversé de grèves violentes et qui s'était conclu par une défaite aux législatives de 1997 face au socialiste Lionel Jospin. Les oreilles de Juppé, on l'aura compris, étaient visées.

Se posant en rassembleur, Alain Juppé a ironisé sur le fait qu'il ne faut pas confondre "autorité" et "agitation" sans toutefois citer son principal rival. Six mois après leur passage à la plus grande ferme de France porte de Versailles, c'est dans la Marne que les candidats à la primaire viennent dorloter les agriculteurs.

C'est sans doute l'épine la plus grosse dans le pied de Nicolas Sarkozy.

Dernier candidat de la primaire à se soumettre aux questions des chefs d'entreprises réunis en université d'été, après François Fillon mardi soir, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy dans la matinée, l'ancien Premier ministre a reçu un accueil chaleureux des patrons.

"Le président de la République exerce les fonctions du gouvernement à la place du gouvernement". Il s'est surtout mis en posture de candidat à la présidentielle 2017 comme si la primaire des Républicains n'était qu'une formalité. "Qui imagine un instant le général de Gaulle mis en examen?"

L'ex-chef de l'Etat a également affirmé qu'il ne répondra pas aux attaques de son ancien Premier ministre, auteur dimanche d'une formule assassine sur la probité en politique. Les enjeux de cette signature ne sont pas si anodins que cela pour ceux qui, au centre de l'échiquier électoral prendront le chemin des urnes, avec en tête leur soutien à Alain Juppé qui pourra être, en l'occurrence, une manière de vote de rejet, une sorte de " tout sauf Sarko ".

Peu avant 16 heures, Nicolas Sarkozy a quitté la Foire de Châlons pour rejoindre l'hypermarché de Saint-Brice-Courcelles, près de Reims pour une séance de dédicace. Au second tour, le maire de Bordeaux l'emporterait cependant largement (55 % contre 45 %).

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