Christophe Sirugue confirme vouloir maintenir l'activité TGV de Belfort — ALSTOM

14 Septembre, 2016, 01:49 | Auteur: Nathanaël Gerin

Peu avant, François Hollande a mis la pression sur la direction, en marge d'une visite à Bucarest, pour sauver les 400 emplois en jeu à Belfort sur les 9.000 du groupe en France.

Interrogé sur LCI, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, a quant à lui reproché au PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, d'avoir passé sous silence devant le conseil d'administration le projet de transfert des activités de Belfort. Christophe Sirugue leur a confirmé la mobilisation du gouvernement et a réaffirmé sa volonté de travailler avec l'ensemble des parties prenantes pour maintenir l'activité ferroviaire du site de Belfort. Il explique en outre avoir "alerté les pouvoir publics sur cette situation depuis plusieurs mois". Déclarations d'intentions ou vraie stratégie industrielle, l'objectif fixé par François Hollande pose question: l'Etat peut-il vraiment sauver Alstom?

En déplacement à Verdun, le Premier ministre Manuel Valls a aussi clamé son opposition à une telle fermeture. Pour autant, il n'est pas actionnaire majoritaire, souligne l'économiste Marc Touati, président du cabinet Acdéfi.

La direction d'Alstom a également entamé des discussions avec le gouvernement et a précisé à l'AFP qu'"aucune décision ne sera (it) prise avant leurs conclusions".

L'Etat peut en revanche agir via des commandes. "On ne peut pas forcer des entreprises à maintenir un site de production s'il n'est plus productif", ajoute l'économiste, fustigeant la tradition interventionniste de l'Etat français. De quoi, s'autoriser cette presque promesse pour le Premier ministre: " ils peuvent avoir confiance (les salariés d'Alstom) dans l'action du gouvernement pour pérenniser le site, l'emploi et l'avenir d'Alstom ". "Quand il y a de grandes filières qui doivent être soutenues, nous devons nous engager pour qu'il y ait plus de commandes qui soient apportées", dans le respect des règles de concurrence.

Ce bras de fer entre le gouvernement et la direction d'un groupe dans lequel l'Etat est souvent intervenu et a 20% des droits de vote, s'est invité dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2017, comme le dossier Florange en 2012.

Mais "la négociation a repris", assure-t-il, en soulignant que le contrat garantirait "au moins 10 mois" de travail supplémentaire à Belfort. Il veut nous revoir d'ici fin septembre. La RATP va notamment acheter 12 locomotives pour effectuer des travaux sur son réseau, ce qui représenterait "au moins 3-4 mois" de charge pour Belfort.

Le groupe compte aussi sur le mégacontrat du RER "nouvelle génération", qui doit être attribué avant la fin de l'année. "Elle en effet assujettie à des règles extrêmement strictes de concurrence qui l'obligent à procéder par des commissions d'appels d'offres".

Alstom s'est toutefois engagé à "mettre tout en oeuvre pour qu'il n'y ait pas de départs contraints" d'ici à 2018.

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