Couac diplomatique après l'arrestation de policiers belges conduisant des migrants en France

23 Septembre, 2016, 05:25 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Une histoire belge se transforme en incident diplomatique les deux policiers qui déposaient des migrants ont fait 50 mètres de trop côté français

Aussi l'affaire vient-elle compliquer des relations déjà tendues entre les polices belge et française, dans un secteur frontalier où le contrôle des flux de migrants est épineuse. Après cette interpellation, l'ambassadeur de Belgique a été convoqué mercredi après-midi par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, selon des informations obtenues par franceinfo, jeudi 22 septembre. L'Office des Etrangers leur avait intimé l'ordre de quitter le territoire le soir-même et la police les a laissés, à leur demande, à la frontière franco-belge. La France envisage même la possibilité d'engager des poursuites contre eux, même s'il existe un vide juridique dans cette affaire. Mais cette information n'a été rendue publique que jeudi 22 septembre 2016 et le ministère de l'Intérieur n'a pas détaillé le contenu de leur entretien. Assurant qu'à sa connaissance, ce type d'initiative était une première.

Cet incident intervient alors que le gouvernement prépare le démantèlement du campement de migrants de Calais, où s'entassent près de 7 000 migrants selon l'Intérieur (10 000 selon deux associations). " Rendez-vous compte quatre heures, sans avocat, sans pouvoir avoir un interprète, il faut signaler que ce sont des collègues néerlandophones, en Belgique on parle trois langues, et sans avoir de copie de la déclaration qu'on leur a imposé de faire", a regretté Vincent Gilles, le président du SLFP Police.

De son côté, Georges Aeck, le commissaire d'Ypres, en Flandre occidentale, la région d'où venaient les deux policiers belges avait expliqué mercredi à la RTBF: "On les a reconduits parce qu'on ne voulait pas les laisser ici, directement sur la route et les laisser à pieds aller à la frontière". Le "premier flic de France" à notamment "fait part de son mécontentement à son homologue belge dès hier matin" et "le message est passé", a toutefois précisé le ministère.

Sur l'interpellation, il n'y a "pas de reproches à faire aux collègues français", a-t-il ajouté, évoquant simplement une "interpellation sèche, ferme". "Donc on les a reconduits (.) dans la direction où ils voulaient aller", s'est-il justifié.

Dix migrants qui se trouvaient dans le camion arrêté ont été placés en retenue administrative pour "examen de leur situation", alors que trois mineurs ont été hébergés dans un foyer. Un chauffeur de camion en provenance de la France entend des bruits dans sa remorque. Les fonctionnaires de police suspectent le convoi de transporter illégalement des migrants. Aprés la procédure d'identification et l'interrogatoire au commissariat belge d'Ypres, les flics décident, charitables, d'aider les migrants en les rapprochant de la frontière française, au lieu de les relâcher en territoire belge.

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