Des convois humanitaires malgré tout — Syrie

23 Septembre, 2016, 05:22 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Des convois humanitaires malgré tout — Syrie

"Son homologue russe Sergueï Lavrov a une nouvelle fois nié toute responsabilité de son pays dans les attaques contre les humanitaires en Syrie".

"Cela va être très difficile".

"C'est un moment de vérité pour la Russie", a averti John Kerry à New York.

Et sans aucune percée diplomatique. Le secrétaire d'Etat américain s'exprimait lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

Dans un appel sans précédent, l'ONU a par ailleurs imploré le président syrien de lui permettre de distribuer l'aide alimentaire chargée dans les 40 camions actuellement bloqués à la frontière turco-syrienne, soulignant qu'elle sera périmée lundi.

Mais la tragédie sur le terrain laisse mal augurer d'une reprise de la diplomatie, la guerre ayant fait plus de 300'000 morts depuis 2011 et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale. S'adressant au ministre russe, il s'est demandé avec ironie s'ils vivaient "dans des univers parallèles".

L'accord américano-russe de Genève prévoyait une cessation des hostilités pendant sept jours à compter du 12 septembre, de l'aide humanitaire et une collaboration militaire Washington-Moscou contre les jihadistes via un centre de coordination. Un drame qui a entraîné la suspension de tous les convois humanitaires de l'ONU en Syrie. "Un accident terrible", a concédé M. Kerry.

"Il s'agit d'une large offensive terrestre appuyée par les frappes des avions russes dans le but de prendre petit à petit le secteur est d'Alep et le vider de ses habitants", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Et mardi soir, une frappe a visé deux ambulances à Khan Toumane, au sud d'Alep, qui venaient évacuer des blessées d'un premier raid. Deux ambulanciers et deux infirmiers ont été tués, a annoncé l'Union des organisations de secours et soins médicaux.

Le journaliste de l'AFP dans la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie a compté "au moins 100" explosions de minuit jusqu'à 05H00 du matin (02H00 GMT).

Un immeuble de six étages s'est effondré dans le quartier de Soukkari.

"Je leur avais rendu visite une heure avant la frappe, on a bu du thé ensemble et maintenant ils sont morts", s'est-il désolé.

Dans un autre quartier rebelle, Qadi Askar, plusieurs immeubles se sont écroulés, selon une vidéo obtenue par l'AFP. Les images montrent un volontaire de la Défense civile tentant de se frayer un chemin parmi les gravats au premier étage d'un bâtiment tandis que des enfants marchent au milieu des ruines.

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