Enquêter sur l'attaque contre un convoi humanitaire de l'ONU — Syrie

23 Septembre, 2016, 06:51 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Un sauveteur syrien parcourt les ruines des bâtiments après des bombardements intenses sur les quartiers rebelles d'Alep le 23 septembre 2016- Un sauveteur syrien parcourt les ruines des bâtiments après des bombardements intenses sur les quartiers

De violents bombardements ont frappé la ville syrienne d'Alep et ses alentours, alors que les discussions de paix à New York semblent dans une impasse.

Des propos qui font écho à ceux de l'envoyé de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a reconnu que même si "le cessez-le-feu e [tait] en danger", il est prématuré de spéculer sur son échec, parce que "les seuls qui peuvent annoncer le cessez-le-feu sont les deux co-présidents [Lavrov et Kerry] et ils ne l'ont pas fait".

Le chef de l'humanitaire de l'ONU a réitéré sa demande pour un accès rapide, sans condition, sans entrave et durable aux millions de personnes dans le besoin, en particulier dans les zones assiégées et difficiles à atteindre à travers la Syrie. Deux ambulanciers et deux infirmiers ont été tués et un troisième se trouve dans un état critique, a annoncé l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM). On ignore pour l'instant la nationalité des avions ayant mené ce raid meurtrier, mais l'aviation du régime de Bachar el-Assad et de la Russie visent régulièrement Alep, principal front du conflit. "En tout état de cause, nous tenons le gouvernement russe pour responsable des frappes aériennes dans cette zone", a déclaré Ben Rhodes, conseiller du président Barack Obama.

Quelques heures plus tôt, M. Kerry avait exigé que Moscou " cloue au sol " les avions syriens et " interdise " à Damas de bombarder l'opposition et les civils. Le journaliste de l'AFP dans la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie a compté "au moins 100" explosions de minuit à 5 heures.

Un immeuble de six étages s'est effondré dans le quartier rebelle de Soukkari.

Montrant du doigt la Russie et la Syrie, M. Kerry a encore qualifié de " violation flagrante du droit international " le raid de lundi contre un convoi humanitaire de l'ONU (une vingtaine de morts) et celui de mardi soir contre deux ambulances (quatre tués).

Par ailleurs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, au moins 27 barils explosifs, l'arme de prédilection du régime de Damas, ont été largués sur Alep mardi matin. Dans un autre quartier rebelle, Qadi Askar, plusieurs immeubles se sont écroulés, selon une vidéo obtenue par l'AFP.

Les quartiers rebelles d'Alep étaient en feu jeudi tandis que les principaux pays impliqués dans la crise syrienne tentaient de nouveau de ressusciter à New York un cessez-le-feu qui a rendu l'âme cette semaine.

Au même moment, un dirigeant de l'opposition politique syrienne, Riad Hijab, dénonçait à New York "la faiblesse totale" de la communauté internationale face à une guerre qui s'est internationalisée et complexifiée depuis mars 2011.

La réunion, mardi, de hauts diplomates russes et américains, et de plus d'une douzaine de leurs homologues de pays arabes et européens, s'est conclue avec la réaffirmation habituelle du maintien d'un cessez-le-feu désintégré à toutes fins pratiques, et les promesses de négociations futures.

La diplomatie russe a aussitôt condamné "avec indignation et colère" des allégations "sans fondement et hâtives", faites par des "protecteurs de terroristes et de bandits".

L'accord américano-russe de Genève prévoyait une cessation des hostilités pendant sept jours à compter du 12 septembre, de l'aide humanitaire et une collaboration militaire Washington-Moscou contre les jihadistes via un centre de coordination.

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