L'armée russe enquête sur le convoi touché par un raid — Syrie

23 Septembre, 2016, 20:29 | Auteur: Phil Beauvilliers

"Environ vingt civils et un membre du personnel du Croissant-Rouge syrien ont été tués, alors qu'ils déchargeaient une aide humanitaire vitale des camions". Dans un communiqué, le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien s'est déclaré "très inquiet".

Sans directement accuser Moscou, le porte-parole du département d'État John Kirby a assuré que les États-Unis étaient "scandalisés" par l'attitude de la Russie, alliée du régime de Damas.

Plus tôt dans la soirée, un diplomate américain avait pointé la "responsabilité" des Russes de "se refréner pour ce genre d'actions [le raid contre le convoi, NDLR] et ils ont aussi la responsabilité d'empêcher le régime syrien de le faire".

Au moins 18 des 31 véhicules du convoi qui livrait de la nourriture et des médicaments à 78.000 habitants d'une ville isolée de la province septentrionale d'Alep ont été endommagés, selon l'ONU.

Le bilan des violences s'établit ainsi à onze morts dimanche, soit la journée la plus sanglante pour les civils depuis le début de la trêve, selon l'OSDH.

Aujourd'hui justement, il y a une rencontre du International Syria Support Group (ISSG), mené par le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères russe, Sergeï Lavrov.

"Les Russes ont signé un accord, il faut voir maintenant ce qu'ils disent".

L'instauration de ce "régime de calme" avait été annoncée le 12 septembre deux jours après l'accord sur les modalités d'un cessez-le-feu conclu par les Etats-Unis et la Russie. Les quartiers est d'Alep, tenus par les rebelles, sont encerclés par les forces gouvernementales. Damas a répertorié plus de 300 violations de la trêve par ces groupes.

La trêve en Syrie a été fragilisée par la dégradation des relations entre Moscou et Washington après les frappes meurtrières de la coalition conduite par les États-Unis contre l'armée syrienne dans la région de Deir Ezzor, dans l'est du pays.

La coalition affirme que ce bombardement était une erreur de cible puisqu'elle croyait viser des jihadistes de l'EI, présents dans la zone.

L'ONU dénonce un crime de guerre, selon l'ONU.

"Nous sommes bien sûr frustrés par le fait qu'il n'y a aucun progrès concernant Alep, et l'ONU est prête à faire son possible pour mettre fin aux souffrances du peuple syrien", explique David Swanson.

Plusieurs centaines de rebelles doivent être évacués lundi d'Al Waer, dernier secteur de Homs entre leurs mains, a annoncé le gouverneur de la ville, ce qui, pour l'opposition, revient à une proclamation officielle de la fin de la trêve de la part de Damas. Les carcasses encore fumantes de ces poids lourds et leur cargaison éventrée gisaient mardi matin sur le bord de la route, a constaté un correspondant de l'AFP. Des tirs d'artillerie ont visé par ailleurs des secteurs rebelles à Talbisseh, près de Homs (centre), selon un militant, Hassan Abou Nouh.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) au moins 36 civils ont péri à Alep et dans sa province dans les raids depuis la fin de la trêve.

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