L'ONU reprend l'aide humanitaire — Syrie

23 Septembre, 2016, 13:56 | Auteur: Phil Beauvilliers

L'annonce de l'offensive militaire syrienne a coïncidé jeudi avec une réunion internationale à New York visant à rétablir un cessez-le-feu imposé par un accord à Genève le 9 septembre entre Moscou et Washington, mais qui a volé en éclats lundi. Un correspondant de l'AFP a rapporté que son quartier de Boustane al-Qasr était ravagé par des incendies, combattus dans la nuit de mercredi à hier par les pompiers volontaires.

Une vingtaine de pays et d'organisations internationales se réuniront de nouveau jeudi à New York sous les auspices des Etats-Unis et de la Russie pour tenter de sauver le processus diplomatique, a indiqué, mercredi, un diplomate américain. Washington et Moscou se querellent notamment sur la responsabilité du bombardement d'un convoi humanitaire. Les militants anti-régime appartenant au Aleppo Media Center ont mis en cause l'utilisation de " bombes au phosphore ". "Les raids ininterrompus la nuit dernière ont été si violents que c'est vraiment indescriptible", a ainsi affirmé le porte-parole des " Casques blancs", des sauveteurs bénévoles.

Des propos qui font écho à ceux de l'envoyé de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a reconnu que même si "le cessez-le-feu e [tait] en danger", il est prématuré de spéculer sur son échec, parce que "les seuls qui peuvent annoncer le cessez-le-feu sont les deux co-présidents [Lavrov et Kerry] et ils ne l'ont pas fait".

Selon un journaliste de l'AFP dans la partie rebelle d'Alep, les bombardements -à l'artillerie, par des hélicoptères et par des avions- se succèdent sans discontinuer et les services de secours sont totalement impuissants face au déluge de feu.

Le régime syrien veut reprendre les quartiers rebelles d'Alep dont le contrôle lui échappe depuis 2012.

Des affrontements ont aussi eu lieu dans les provinces centrales de Hama et de Homs et dans la Ghouta orientale, bastion des insurgés à l'est de Damas.

Et des violences ont touché Inkhel (sud), où un attentat à la voiture piégée a tué au moins 12 personnes, rebelles, responsables de l'administration locale et opposants, dont un "ministre" du gouvernement de l'opposition.

La nationalité des avions ayant mené ce raid n'a pas été déterminée dans l'immédiat, mais les forces aériennes du régime et de son allié russe frappent fréquemment dans la province d'Alep.

Dans un appel sans précédent, l'ONU a par ailleurs imploré le président syrien de lui permettre de distribuer l'aide alimentaire chargée dans les 40 camions actuellement bloqués à la frontière turco-syrienne, soulignant qu'elle sera périmée lundi. "S'il vous plaît, président Assad, faites ce que vous avez à faire pour nous permettre d'accéder à l'est d'Alep et aussi aux autres zones assiégées", a lancé Jan Egeland, un cadre de l'ONU pour l'aide humanitaire.

Les accusations contre Damas ou Moscou d'avoir bombardé le convoi humanitaire, déjà qualifiées de gratuites par le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, ont été cette fois démenties par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. "Il s'agit d'une attaque très intense, préparée par l'aviation russe, mais, grâce à Dieu, elle a été repoussée par les frères", a déclaré à Reuters Abou al Baraa al Hamaoui, un chef du Djaïch al Fatah. "Elles peuvent se poursuivre pendant des heures ou des jours avant de commencer l'opération terrestre, dont le timing dépendra du résultat des frappes et de la situation sur le terrain".

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