L'ONU va envoyer un convoi humanitaire

23 Septembre, 2016, 06:15 | Auteur: Djeferson Maurice

Le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a demandé une "enquête" sur cette attaque survenue lundi dans la province d'Alep, alors que l'ONU et le Croissant-Rouge syrien diposaient de toutes les autorisations nécessaires pour acheminer l'aide à 78 000 personnes à Orum al-Koubra, a expliqué aux médias un porte-parole d'Ocha, Jens Laerke. Elles ont donc envoyé un convoi vers une zone assiégée dans la périphérie de Damas.

Sa dernière réunion mardi à New York s'était achevée dans une ambiance très lourde, sans annonce concrète, au lendemain de l'échec d'une énième trêve des combats parrainée par Moscou et Washington.

La Maison-Blanche a déclaré que la frappe aérienne avait été réalisée par l'armée russe ou syrienne, ajoutant que dans un cas comme dans l'autre, elle tenait la Russie comme responsable.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, la Syrie est le pays le plus dangereux pour les personnels soignants avec 135 attaques contre des centres médicaux en 2015.

La réunion, mardi, de hauts diplomates russes et américains, et de plus d'une douzaine de leurs homologues de pays arabes et européens, s'est conclue avec la réaffirmation habituelle du maintien d'un cessez-le-feu désintégré à toutes fins pratiques, et les promesses de négociations futures.

"La prise pour cible apparente d'un convoi humanitaire ayant reçu les permis nécessaires, ainsi que d'un entrepôt connu comme lieu de stockage de fournitures humanitaires, soulève de graves questions quant à l'aspect intentionnel de ces frappes", a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

L'OSDH a par ailleurs indiqué que de violents combats se déroulaient dans le quartier de Ramoussa, au sud-ouest d'Alep, où les rebelles tentent d'enrayer une offensive gouvernementale. Selon l'OSDH, au moins 27 barils explosifs, l'arme de prédilection du régime de Damas, ont été largués sur Alep mardi matin.

Dans un même temps, les Etats-Unis et la Russie se sont étrillés devant le Conseil de sécurité de l'ONU réuni en urgence pour trouver une issue diplomatique en Syrie, la guerre reprenant de plus belle dans la ville martyre d'Alep sous les bombes. "Ni l'aviation russe, ni l'aviation syrienne n'ont effectué de frappes aériennes sur ce convoi de l'ONU".

"S'il vous plait, président Assad, faites ce que vous avez à faire pour nous permettre d'accéder à l'est d'Alep et aussi aux autres zones assiégées", a dit à la presse Jan Egeland, le chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire en Syrie.

Cet acheminement intervient trois jours après le bombardement d'un convoi humanitaire près d'Alep, qui a fait 20 morts, soulevé un tollé international et envenimé les relations Moscou-Washington.

Selon ce dernier, les missions humanitaires de l'Onu sur le territoire syrien n'ont pas cessé.

Après la réunion du GISS en marge de la 71e Assemblée générale, le département d'Etat américain a appelé toutes les parties à respecter le cessez-le-feu "malgré la violence continue".

Ce compromis américano-russe avait volé en éclat lundi lorsque l'armée syrienne avait annoncé la "fin" de la trêve.

Quelques heures plus tôt, M. Kerry avait exigé que Moscou " cloue au sol " les avions syriens et " interdise " à Damas de bombarder l'opposition et les civils.

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