Passes d'armes diplomatiques au Conseil de sécurité des Nations unies — Syrie

23 Septembre, 2016, 05:25 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Un sauveteur syrien parcourt les ruines des bâtiments après des bombardements intenses sur les quartiers rebelles d'Alep le 23 septembre 2016- Un sauveteur syrien parcourt les ruines des bâtiments après des bombardements intenses sur les quartiers

L'armée syrienne a annoncé lundi la fin de cette trêve négociée par les Etats-Unis et la Russie qui était en vigueur depuis le 12 septembre et, dans les heures qui ont suivi, le bombardement d'un convoi humanitaire de l'Onu a fait une vingtaine de morts près d'Alep, la grande ville du Nord. - Que s'est-il passé?

Dans la nuit du 19 au 20 septembre, les environs d'Alep ont été le théâtre d'une tragédie: un convoi humanitaire conjoint de l'ONU et du Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS) "a subi une attaque monstrueuse dans le quartier d'Orem al-Kubra", a déclaré le CRAS. 18 des 31 camions du convoi ont été détruits. Vers 20H15 (17H15 GMT), les Nations unies ont reçu, de sources locales, les premiers rapports faisant état d'un raid, selon la FICR. Selon un porte-parole de la FICR, qui s'est exprimé mardi matin à Genève, il s'agissait d'un raid aérien. Environ 20 civils ont été tués durant le raid, selon la FICR.

Le conflit syrien est la guerre la plus meurtrière actuellement au monde: elle a fait plus de 300 000 morts selon l'OSDH et poussé des millions de Syriens hors de chez eux, provoquant une vague de réfugiés qui affecte surtout les pays alentours mais aussi l'Europe. Les camions transportaient aussi neuf tonnes d'aide médicale, dont des antibiotiques et du matériel chirurgical.

Déjà hier soir, un responsable américain témoignait, sous couvert d'anonymat, que deux bombardiers russes SU-24 étaient sur la zone au moment du bombardement.

La nationalité des avions ayant mené ce raid n'a pas été déterminée dans l'immédiat, mais les forces aériennes du régime et de son allié russe frappent fréquemment dans la province d'Alep.

La Maison Blanche a alors déclaré que le gouvernement russe était responsable du bombardement. "Les analyses d'une vidéo prise par un drone alors que le convoi avançait dans les zones contrôlés par les rebelles ont révélé de nouveaux éléments". "Il ne peut y avoir aucune explication ou excuse, aucune raison ou justification de faire la guerre à des travailleurs humanitaires courageux et désintéressés essayant d'atteindre leurs concitoyens qui ont désespérément besoin d'aide ".

Le communiqué de la Croix-Rouge, dont le Croissant-Rouge arabe syrien est le principal partenaire en Syrie, qualifie l'événement d'"attaque contre l'humanité", sans en préciser les détails. Alors que, lundi, la trêve signé dix jours plus tôt entre les Etats-Unis et la Russie a volé en éclat lorsque l'armée syrienne a annoncé la reprise de ses opérations, il a exigé que Moscou impose à son protégé de Damas de "clouer au sol ses aéronefs" et lui "interdise" de bombarder l'opposition et les civils. Il a affirmé disposer "d'informations sûres". "Et la réponse des Russes n'est pas satisfaisante", a renchéri son homologue français Jean-Marc Ayrault, fustigeant un "régime qui continue en dépit de tout respect de la loi internationale de massacrer son peuple". Cette ONG basée en France rassemble des médecins de la diaspora syrienne qui opèrent dans les zones rebelles. Un membre du HCN faisait partie d'un groupe chargé de la protection du convoi. - Suspension des convois d'aide de l'ONU - L'ONU a suspendu mardi tous ses convois humanitaires en Syrie en attendant une nouvelle évaluation de la situation sécuritaire.

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