Pologne : l'interdiction totale de l'IVG examinée au Parlement

23 Septembre, 2016, 13:14 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Manifestation contre une proposition de loi anti-IVG le 18 juin 2016 à Varsovie-		AFP  Archives

La bataille de l'avortement reprend aujourd'hui en Pologne avec une offensive des partisans de son interdiction totale. Les défenseurs de ce droit émettent de vives craintes: le Parlement est majoritairement composé de conservateurs catholiques. Le texte prévoit des peines allant jusqu'à 5 ans de réclusion pour les personnes qui pratiquent l'IVG, y compris les femmes.

L'actuelle loi en vigueur, une des plus restrictives dans l'Union européenne, autorise l'avortement dans trois cas: risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

Le comité "stop avortement" des organisations pro-vie, en mode attaque depuis la victoire du parti Droit et Justice aux législatives d'octobre dernier, veut aller jusqu'au bout. Seules quelques centaines d'avortements sont officiellement pratiquées chaque année dans le pays même si les associations de défense de l'IVG dénoncent la multitude d'avortements clandestins. Présentée par des organisations féministes, elle a récolté 200 000 signatures - autant, selon certaines estimations, que le nombre de femmes qui, tous les ans, avortent clandestinement en Pologne ou à l'étranger. La deuxième initiative, lancée par les milieux féministes en réaction à la première et qui a recueilli plus de 215 000 signatures (il en faut au moins 100 000), voudrait légaliser l'avortement sur simple demande jusqu'à la 12 semaine de grossesse.

Tout en punissant ceux qui pratiquent l'IVG, leur proposition de loi fait obligation à l'Etat et aux collectivités locales de soutenir les femmes et les familles qui élèvent des enfants handicapés et ceux nés des suites d'un viol ou d'un inceste.

Le Parlement polonais a commencé jeudi à débattre d'une proposition de loi controversée visant à interdire totalement l'avortement.

"Aujourd'hui, les médecins ont peur de pratiquer des avortements légaux, a déclaré Krystyna Kacpura citée par Amnesty International, directrice de la Fédération pour les femmes et le planning familial". Ainsi, en amont du vote, il a souhaité appliquer la règle de liberté du choix personnel de ses députés dans les questions éthiques.

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