Renault : réunion de négociation avec les syndicats

23 Septembre, 2016, 06:04 | Auteur: Nathanaël Gerin

Mais cette fois, la négociation s'annonce plus ouverte pour les syndicats, déterminés à recentrer les débats sur les conditions de travail et de rémunération, car l'entreprise a redressé la barre.

La direction de Renault a repris les discussions avec les organisations représentatives du personnel en France (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO) ce jeudi 22 septembre pour négocier un nouveau projet d'accord préparant l'avenir du constructeur et de ses salariés en France. "Grâce à l'effort de tous, Renault est aujourd'hui plus fort en France". Cette première séance d'une matinée a donné le ton: l'entreprise s'est montrée "ouverte d'esprit", de l'aveu même du représentant CGT, Fabien Gâche. Début 2013, confronté comme tous les constructeurs à une chute des ventes en Europe, Renault menaçait de réduire la voilure. En échange d'un maintien de tous les sites en France jusqu'à fin 2016, les syndicats avaient accepté des efforts conséquents: réduction de 15% des effectifs, augmentation du temps de travail, plus de mobilité et de flexibilité, gel des salaires la première année. Selon lui, l'entreprise souhaite, avec un nouvel accord, répondre à "trois enjeux: la satisfaction du client, la performance globale et la motivation des salariés".

"Nous ne serons pas sur une négociation de compétitivité comme il y a trois ans, l'entreprise n'est plus dans la même situation", martèle Franck Daoût, délégué syndical central CFDT.

Se pose dorénavant la "question d'un partage de la richesse avec les salariés", ajoute Bruno Azière (CFE-CGC, premier syndicat). Résultat: une "montée des cadences très forte", observe Laurent Smolnik (FO), pour qui "il faut maintenant regarder les conditions de travail, les salaires et le climat social". Selon la CGT (deuxième syndicat), la plupart des chaînes tournent avec plus de 80% d'intérimaires.

Renault: derrière les bons résultats financiers, une stratégie suicidaire (CGT) Paris (awp/afp) - L'accord de compétitivité mis en oeuvre depuis 2013 par Renault a abouti à des résultats "réjouissants pour les financiers" mais a "fragilisé l'entreprise" et "n'a absolument pas permis d'améliorer la compétitivité", affirme mercredi la CGT, à la veille de l'ouverture des négociations d'un nouvel accord.

Entre 2013 et 2015, le nombre d'intérimaires employés dans les usines automobiles du groupe en France a plus que triplé pour dépasser 5 200 personnes en moyenne chaque mois, selon les données publiées par l'entreprise.

En meilleur forme, Renault ne veut pas se reposer sur ses lauriers. Il fixe des objectifs en matière d'emploi, de production et d'investissement, en échange de nouveaux efforts de flexibilité pour le personnel.

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