Syrie : des convois humanitaires malgré tout

23 Septembre, 2016, 10:47 | Auteur: Phil Beauvilliers

Cet acheminement intervient trois jours après l'attaque d'un convoi humanitaire près d'Alep, qui a fait 20 morts, soulevé un tollé international et envenimé les relations Moscou-Washington.

Les précédentes trêves unilatérales ont, selon lui, surtout permis aux groupes rebelles de se regrouper pour se réarmer et renforcer leurs positions. Il a aussi de nouveau réclamé que Damas "arrête d'utiliser" son aviation pour aller bombarder l'opposition et des civils. De nouvelles consultations américano-russes sont prévues ce vendredi à New York, a annoncé le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

"Ils se sont d'abord entretenus par téléphone " à l'initiative des Américains " avant de se rencontrer, accompagnés de leur délégation, pour " continuer à discuter du problème du règlement [du conflit] syrien ", selon un message publié par le ministère dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le journaliste de l'AFP dans la partie rebelle d'Alep a compté "au moins 100" explosions mercredi de minuit à 05H00. "Les raids ininterrompus la nuit dernière ont été si violents que c'est vraiment indescriptible ", a ainsi affirmé le porte-parole des " Casques blancs ", des sauveteurs bénévoles.

Des propos qui font écho à ceux de l'envoyé de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a reconnu que même si "le cessez-le-feu e [tait] en danger", il est prématuré de spéculer sur son échec, parce que "les seuls qui peuvent annoncer le cessez-le-feu sont les deux co-présidents [Lavrov et Kerry] et ils ne l'ont pas fait".

L'attaque, survenue lundi soir, a touché un convoi acheminant de l'aide de l'ONU et du Croissant-Rouge syrien à 78 000 personnes à Orum al-Koubra, dans l'ouest de la province d'Alep.

Des affrontements ont aussi eu lieu dans les provinces centrales de Hama et Homs et dans la Ghouta orientale, bastion des insurgés à l'est de Damas.

Plus au sud, à Inkhel (sud), un attentat à la voiture piégée a tué au moins douze personnes, rebelles, responsables de l'administration locale et opposants, dont un "ministre" du gouvernement de l'opposition.

Le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui rassemble 23 pays et organisations internationales doit se retrouver une nouvelle fois jeudi à New York, sous les auspices de Washington et Moscou.

Le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a pour sa part déploré "l'entêtement" du régime de Bachar el-Assad dans "sa fuite en avant militaire". "Il y a des conditions pour réussir", a-t-il estimé: "La première c'est d'exiger que l'aviation syrienne reste clouée au sol (.) et la deuxième, c'est qu'il faut que l'ensemble des membres du GISS soit associé au contrôle de la mise en oeuvre d'une trêve".

Syrie: l'ONU prie Assad de la laisser distribuer l'aide alimentaire qui sera périmée lundi Genève - L'ONU a demandé jeudi au président syrien Bachar al-Assad de lui permettre de distribuer l'aide alimentaire bloquée à la frontière turco-syrienne, soulignant qu'elle sera périmée lundi.

Les bombardements ont repris, en Syrie, alors qu'à New York, aux Nations Unies, les discussions sur une relance de la trêve sont minées par les désaccords entre Russes et Américains. Le Pentagone a répété jeudi que la Russie était responsable de cette attaque. L'ONU a annoncé jeudi la reprise de ses acheminements d'aide par la route en envoyant un convoi humanitaire vers une zone assiégée proche de Damas.

"En outre, près de 300 insurgés syriens et leurs familles ont été évacués hier du quartier de Waer, dernier quartier rebelle de la ville de Homs (centre) à la suite d'un accord avec le régime".

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