46 morts dans l'attaque de Daesh à Kirkouk — Irak

25 Octobre, 2016, 12:58 | Auteur: Phil Beauvilliers

Son attaque surprise lancée vendredi à Kirkouk, à 170 kilomètres au sud-est de Mossoul, a été mise en échec et "la vie est retournée à la normale", a indiqué lundi le gouverneur de la province, Najmeddin Karin.

En incendiant une usine de soufre, il a également compliqué la progression des forces irakiennes vers Mossoul. Abbas Moustafa Daqouqi, médecin à l'hôpital de Dakouk, a confirmé ce bilan.

L'EI a également mené dimanche une attaque à Routba, une ville de l'ouest, où il a exécuté au moins cinq Irakiens, selon des sources militaires.

Un aperçu de l'EI d'après-califat?

Selon le service de presse de l'armée irakienne, une cinquantaine de villages ont été repris à l'EI depuis le déclenchement de l'offensive.

L'offensive sur Mossoul, dernier bastion de l'EI en Irak, a été retardée à de nombreuses reprises et toutes les parties ont eu amplement le temps d'apprendre des opérations précédentes et d'affiner leur stratégie.

Avec moins de positions fixes et sans population à administrer, le groupe le plus violent du jihad moderne pourrait se tourner vers les attaques de type insurrectionnel qu'il avait l'habitude de mener dans le passé.

Dans une tentative de détourner l'attention du front de Mossoul, des jihadistes avaient attaqué aux premières heures de vendredi divers bâtiments gouvernementaux de Kirkouk et pris position dans plusieurs quartiers de cette ville.

Les djihadistes, assiégés à Mossoul, tentent de faire diversion en attaquant Kirkouk.

Selon Patrick Martin, spécialiste de l'Irak au centre de recherches Institute for the Study of War, basé à Washington, des éléments des peshmergas kurdes pourraient envisager de retirer certaines de leurs ressources des environs de Mossoul.

L'étau se resserre sur Daesh dans les deux dernières grandes villes encore contrôlées par les djihadistes.

Un assaillant capturé à Kirkouk par les forces kurdes a assuré que l'assaut avait été ordonné par Baghdadi pour montrer que l'EI gardait une force de frappe.

Le responsable kurde, qui détient aussi le portefeuille de la Défense, s'attend à ce que ses troupes aient à livrer une bataille acharnée dans les ruelles de la vieille ville de Mossoul.

Mais M. Martin juge que l'EI a déjà accepté l'idée de perdre la deuxième ville d'Irak.

Dans des hôpitaux de Mossoul, des médecins ont déclaré à l'AFP que le nombre de combattants de l'EI blessés arrivant des lignes de front avait gonflé durant la semaine.

Mossoul, à quelque 400 km au nord de Bagdad, capitale irakienne, est sous le contrôle de l'EI depuis juin 2014, lorsque les forces gouvernementales irakiennes ont abandonné leurs armes et ont pris la fuite.

C'est d'ailleurs cette problématique qu'Ashton Carter semble venu débattre avec ses interlocuteurs irakiens qui voient d'un mauvais oeil les prétentions, avouées ou latentes, d'Ankara sur Mossoul, quand tout un chacun sait que la véritable inquiétude des Turcs a trait au rôle des peshmergas, proches du PKK, dans la libération de Mossoul.

Recommande: