François Fillon ou Alain Juppé : les 7 différences de leurs programmes

24 Novembre, 2016, 12:28 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Jean-Pierre Vigier entouré de Michel Pagès président de la commission départementale des primaires et Jean Marie Guerault représentant des Républicains 43 au Conseil national du parti

Le sondage a été réalisé en ligne du 21 au 23 novembre auprès d'un échantillon de 619 électeurs se déclarant tout à fait certains de participer au second tour de la primaire, isolé dans un échantillon de 6 901 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Pourtant, la salle Jean Mermoz qui l'accueille n'est qu'aux deux tiers pleine.

François Fillon entend notamment réécrire la loi Taubira autorisant le mariage homosexuel - texte auquel Alain Juppé ne veut pas toucher - en modifiant les règles de filiation pour fermer l'adoption plénière aux couples homosexuels.

Alain Juppé "m'a appelé (lundi) matin pour me féliciter" raconte par ailleurs M. Fillon.

Mais Alain Juppé n'est pas non plus identifié comme étant conservateur.

Sur l'ensemble de ces thèmes, le programme de François Fillon est jugé meilleur que celui d'Alain Juppé par les proches de la droite et du centre, avec de 51% à 69% d'approbations. Pour le maire de Bordeaux et ses troupes, il s'agit de trouver tous les angles d'attaque possibles contre Fillon, sa personnalité, son parcours et surtout son projet.

C'est votre compétiteur (Alain Juppé) qui le dit, lui a-t-on répliqué. A Lyon pour le député de Paris, où s'exprimeront Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez, et à Toulouse pour Alain Juppé qui aura le soutien de Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Inconnue de l'après second tour: la position qu'adoptera François Bayrou, soutien d'Alain Juppé qui comptait se présenter à la présidentielle face à Nicolas Sarkozy si celui-ci remportait la primaire. "Mais aussi du pays, qui est plus à droite qu'il ne l'a jamais été", affirme l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Alors que le maire de Bordeaux donnait un des derniers meetings de la campagne, son épouse a pris le micro pour défendre son bilan.

Pour M. Juppé mardi sur Europe 1, "c'est une différence entre nous, je considère que c'est un droit fondamental, il l'a écrit, il est revenu sur cette position, moi je n'ai pas changé d'avis".

"Il y a un élément que l'on ne prend pas suffisamment en compte, c'est la part du vote anti-Sarkozy, ajoute Thomas Guénolé, également enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris".

Reste à savoir si la stratégie de Juppé portera ses fruits. "François (Fillon) est un candidat moderne". Il est logique que les rapports entre vainqueurs et vaincus du premier tour de la primaire se tendent, à la veille d'un débat important et quatre jours avant un second tour qui pourrait bien désigner le futur président de la République. Pour enfoncer le clou, il rappelle aussi que son rival de la Primaire Les Républicains est soutenu par une association proche de la Manif Pour Tous. "Ce qui risque de fracturer la droite, c'est les prises de positions successives de membres de l'extrême droite, anciens membres du Front national, pour la candidature de François Fillon: monsieur Bompard (fondateur de la Ligue du Sud en 2010), monsieur Carl Lang (fondateur du Parti de la France en 2009), risposte laïque". Etonnamment, malgré l'enjeu, Alain Juppé ne sort pas de cette espèce de froideur qui le caractérise.

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