Prolongation exceptionnelle de cinq gardes à vue — Attentat déjoué

24 Novembre, 2016, 12:10 | Auteur: Phil Beauvilliers

Les enquêteurs sur un attentat "déjoué" cherchaient à établir l'existence de cibles possibles évoquées par les suspects arrêtés à Strasbourg et Marseille, comme des sièges de services de la police ou des lieux de culte, mais sans qu'une cible précise ne soit à ce stade établie, a-t-on appris mercredi de sources proche de l'enquête et policière. Les renseignements ont identifié deux cibles visées par le commando, selon les informations recueillies par franceinfo. Un objectif non mentionné par le gardé à vue, selon la chaîne d'information. Le groupe aurait même effectué, dans cette perspective, des recherches sur une vingtaine "de cibles parisiennes potentielles". Il a évoqué plusieurs cibles comme le 36 Quai des Orfèvres, siège de la PJ parisienne, sur l'île de la Cité, qui apparaissait déjà dans les investigations, ou la DGSI.

Inconnus des services de renseignement, les hommes étaient lourdement armés. Les arrestations dans la nuit de samedi à dimanche, à Strasbourg et à Marseille, ont permis de "mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date" en France, a affirmé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Ce réseau de suspects semblerait au premier abord plus structuré que ceux qui ont perpétrés les derniers attentats ou projets d'attaques visant la France. La cellule était cloisonnée: certains membres n'ont jamais été en contact, uniquement reliés entre eux par un donneur d'ordre établi en Syrie, a expliqué mardi une source proche de l'enquête à l'AFP. Deux armes de poing, un pistolet automatique, un pistolet mitrailleur ainsi que de la propagande djihadiste ont été saisis lors des perquisitions.

Parmi ces quatre hommes âgés de 35 à 37 ans, deux sont soupçonnés d'avoir gagné la Syrie en 2015 en passant par Chypre, avant de revenir en Europe. Leur garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) se poursuivait, ainsi que celle d'un cinquième suspect arrêté à Marseille. Parmi eux, Hicham E., un Marocain de 46 ans, intéresse particulièrement les enquêteurs. De l'argent a été saisi lors de son interpellation et les enquêteurs le soupçonnent d'avoir agi en tant que collecteur de fonds pour le réseau.

Les gardes à vue ont été prolongées, mais le 22 novembre au soir, deux des suspects ont été libérés.

Les investigations, qui avaient débuté en février, avaient conduit à une première série d'interpellations le 14 juin dernier, en plein Euro de football. Deux Français, liés au réseau, avaient été mis en examen et écroués, soupçonnés d'avoir contracté des crédits à la consommation pour financer des activités terroristes.

Le 14 novembre, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait été alertée par un renseignement sur un passage à l'acte imminent.

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