Erdogan menace l'Europe de laisser passer les migrants — Turquie

25 Novembre, 2016, 16:57 | Auteur: Djeferson Maurice

Le président turc réagissait au gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, réclamé jeudi par le Parlement de Strasbourg. La résolution a été adoptée à une très large majorité dans ce qui constitue un gel "temporaire". Les quatre principaux groupes du parlement (conservateurs, socialistes, libéraux et verts) ont voté dans le même sens.

Côté turc, la décision est "insignifiante" pour le Premier ministre Binali Yildirim. De plus, il s'agit d'une résolution qui dévalorise le Parlement européen et l'UE.

Furieux, il est furieux Recep Tayyip Erdogan.

Plus de 1,3 million de personnes sont arrivées l'an passé en Europe provoquant des tensions entre les Etats membres sur la manière de faire face à cette situation.

Tout en reconnaissant qu'Ankara est "un partenaire important" de l'UE, le texte affirme que la Turquie n'affiche plus "la volonté politique" de coopérer, "les actions de son gouvernement la détournant encore plus de sa voie européenne".

En outre, les eurodéputés avertissent que "le rétablissement de la peine capitale devrait entraîner une suspension officielle du processus d'adhésion".

Dans un rapport publié la semaine dernière, et rejeté par Ankara, la Commission européenne avait critiqué le "retour en arrière" de la Turquie sur les critères d'adhésion, en particulier en ce qui concerne la liberté d'expression et l'Etat de droit.

L'entrée dans l'Union européenne d'un pays aussi grand que la Turquie a toujours inquiété certains partenaires européens.

Mais l'accord sur les visas est embourbé, l'UE reprochant à la Turquie de n'avoir pas rempli les 72 critères requis. Selon elle, "tout le monde" serait perdant en cas de gel des négociations d'adhésion.

Cette tempête diplomatique fait tanguer un pacte controversé conclu en mars entre le gouvernement turc et l'UE qui a permis d'assécher le flux de passages clandestins rejoignant l'Europe par les îles grecques en mer Egée.

Pourrait-il mettre ses menaces à exécution?

Dans ce contexte, le président turc a évoqué au début du mois l'option d'un référendum sur la poursuite ou non des négociations d'adhésion si aucune avancée n'était enregistrée sur la question d'ici la fin de l'année.

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