L'écologiste Alexander Van der Bellen est élu président — Autriche

05 Décembre, 2016, 05:44 | Auteur: Sebastien Chopin
  • Infographie

Il a aussi assuré vouloir défendre les "valeurs d'égalité, de liberté, de solidarité". Ce dernier, âgé de 72 ans, est crédité de 53,6% des voix contre 46,4 à son adversaire de 45 ans, selon les premières projections de la télévision publique.

Le dépouillement des votes par correspondance avaient suscité le débat lors d'un premier scrutin, le 22 mai 2016. Le résultat avait été annulé en raison d'irrégularités procédurales, à la suite d'un recours du FPÖ devant la Cour constitutionnelle. Peu après l'annonce des résultats, beaucoup s'étaient enfuis en courant vers la soirée de l'équipe de campagne des Verts, laissant les militants du parti d'extrême droite les yeux rougis, sans un mot.

Bien que le rôle du chef de l'Etat autrichien soit essentiellement protocolaire, Norbert Hofer et le FPÖ voulaient faire de ce scrutin un symbole et engranger une nouvelle victoire pour le camp populiste, six mois après le Brexit et un mois après la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis.

"Je félicite Alexander Van der Bellen pour son succès et j'appelle tous les Autrichiens à rester solidaires et à travailler ensemble", a réagi Norbert Hofer qui s'est dit "profondément triste".

Les partisans de Van der Bellen, qui ont explosé de joie à Vienne, ne cachaient pas leur soulagement au moment des résultats.

Deuxième victoire, plus large cette fois-ci.

L'issue du scrutin semble se dessiner. Ces projections intègrent les votes par correspondance que ne seront décomptés que lundi. "On sent qu'ils ont réfléchi et mesuré peut-être davantage les conséquences pour leur pays, et peut-être pour le reste de l'Europe". Le président du parlement européen Martin Schulz a salué un "clair message pro-européen".

François Hollande a jugé dimanche soir que "le peuple autrichien a fait le choix de l'Europe et de l'ouverture", en élisant comme président un écologiste face à un candidat d'extrême droite.

L'élection visait à trouver un successeur au social-démocrate Heinz Fischer, président depuis 2004 et qui ne pouvait briguer un troisième mandat. Si l'Autriche affiche des indicateurs économiques à faire pâlir d'envie la plupart de ses voisins européens, une partie de la population se sent menacée par le déclassement, par la crise des réfugiés et par l'effet de l'élargissement de l'UE à ses voisins de l'Est.

Recommande: