France : Bernard Cazeneuve nommé premier ministre

07 Décembre, 2016, 13:22 | Auteur: Sebastien Chopin

Il quitte ainsi sa place de ministre de l'intérieur qu'il a occupé pendant trente-deux mois. Il fallait un peu d'abnégation à M. Cazeneuve pour accepter une mission aussi courte, même dans le cadre du deuxième emploi national, et il lui faudra de la ténacité pour imposer la crédibilité d'une équipe qui va gérer une fin de mandat sans après, sans prolongation, sans espoir de jours meilleurs.

Avocat de formation, d'un tempérament discret mais bon orateur, M. Cazeneuve, 53 ans, est récompensé pour son indéfectible fidélité au chef de l'État, avec lequel il a traversé les épreuves des attentats de 2015 et 2016.

Manuel Valls qui se lance dans la primaire de la gauche avec l'ambition d'éviter à son camp une défaite cuisante à la présidentielle de 2017, a évoqué ces "moments éprouvants " de ses 32 mois à Matignon. Il a été, avec Jean-Yves le Drian à la Défense, l'un des meilleurs ministres de François Hollande.

Cet homme loyal, qui affiche un grand sang-froid et bénéficie d'une image de sérieux, avait auparavant été ministre délégué aux Affaires européennes (2012-2013) et ministre délégué au Budget (2013-2014). Il devrait rester en poste cinq mois.

Le départ mardi de Bruno Le Roux pour le ministère de l'Intérieur laisse ouverte sa succession à la tête des députés socialistes, les noms d'Olivier Faure et de Guillaume Bachelay circulant parmi les parlementaires.

Depuis ce matin, Bernard Cazeneuve est le nouvel homme fort de la gouvernance Hollande, depuis que Manuel Valls est parti battre campagne pour les primaires de la gauche.

"Manuel Valls veut combattre l'extrême droite dont le programme " ruinerait les petites gens, les retraités, les ouvriers " et la droite menée par le très libéral François Fillon, qui représente à ses yeux " un recul social généralisé ".

Celui qui se présente comme un réformateur se veut le candidat de la "réconciliation " pour une gauche en miettes.

Le président français François Hollande.

Si certains y sont restés très peu de temps (M. Thévenoud), d'autres se sont maintenus depuis le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre démissionnaire ne fait pas l'unanimité au sein du parti socialiste, et n'est crédité à ce stade que de 10 % dans les sondages.

Je tiens par ailleurs à saluer le travail effectué par Manuel Valls comme chef du gouvernement. "Mais j'ai toujours assumé les décisions collectives", a-t-il assuré lundi.

Recommande: