L'après-Renzi agite la classe politique — Italie

10 Décembre, 2016, 02:27 | Auteur: Sebastien Chopin

Le président du Conseil italien Matteo Renzi remettra sa démission au président Sergio Mattarella ce mercredi à 18h00 GMT, conséquence directe de sa nette défaite au référendum sur le projet de réforme constitutionnelle qui lui était cher. Renzi devrait alors retourner dans la foulée confirmer sa démission.

Paradoxalement, le gouvernement va poser la question de confiance au Sénat sur la loi de finances - déjà votée par les députés -, afin d'éviter tout amendement et accélérer la procédure.

Le chef de l'Etat pourrait entamer des consultations pour déterminer la voie à suivre, dès jeudi ou vendredi. "Première force politique du pays, nous sommes prêts à faire toutes les démarches nécessaires pour arriver à des élections", a-t-il ajouté.

Face à l'ampleur du camouflet subi dans les urnes par Matteo Renzi, toute la classe politique se dit favorable à des élections anticipées, la législature actuelle devant normalement prendre fin en février 2018. Une explication est prévue mercredi après-midi au sein du parti, que la campagne du référendum a profondément divisé.

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Mais les partisans de Matteo Renzi ne baissent pas les bras. Luca Lotti, bras droit du chef du gouvernement au Palais Chigi, a posé lundi les termes du débat: "On a gagné avec 40% en 2014 (aux élections européennes de juin 2014), on repart avec les 40%" de oui au référendum.

Devant son parti, M. Renzi a réitéré ce qu'il avait anticipé quelques heures plus tôt dans une lettre aux Italiens. "Merci à tous et vive l'Italie", a annoncé Renzi sur Twitter. Et il n'est pas le seul: les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) ou de la Ligue du Nord, qui ont le vent en poupe après un vote ayant confirmé la vague de mécontentement populaire née avec le Brexit et confirmée par l'élection de Donald Trump, sont sur la même ligne.

Des élections anticipées peuvent avoir lieu dès le début 2017, a-t-il assuré, balayant d'un revers de la main les arguments de ceux défendant la nécessité de réformer d'abord la loi électorale.

Cette loi, adoptée en mai 2015, ne prévoit de scrutin majoritaire que pour la Chambre des députés. L'échec de la réforme constitutionnelle maintient tous ses pouvoirs à un Sénat qui reste élu à la proportionnelle, ce qui risque de rendre le pays ingouvernable.

Cette hypothèse est sur la table de travail du président italien, mais elle est loin d'avoir ses préférences. Le nom le plus cité est celui de Pier Carlo Padoan, ministre de l'Economie, candidat désigné pour rassurer les marchés financiers et le système bancaire européen, suivi de celui du président du Sénat, Pietro Grasso, ancien magistrat.

Un danger clairement identifié par Beppe Grillo pour qui "les partis feront tout pour traîner les pieds" afin qu'il n'y ait pas d'élections avant "septembre 2017", date à laquelle les parlementaires auront siégé suffisamment longtemps pour toucher. une retraite complète.

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