Le rapport MacLaren accable à nouveau la Russie — Dopage

10 Décembre, 2016, 05:06 | Auteur: Lucien Wathelet

"Il est impossible de savoir jusqu'où et depuis quand remonte cette conspiration". Cinq mois plus tard et la version définitive, dévoilée ce vendredi, à Londres, établit l'ampleur de ce scandale à travers "de fortes preuves d'un dopage institutionnalisé entre 2011 et 2015" impliquant plus de 1 000 athlètes russes, concourant dans "des disciplines d'été, d'hiver et paralympiques", et concernant plus de trente disciplines! Au point que le Comité international olympique (CIO) a immédiatement annoncé la réanalyse des 254 échantillons urinaires collectés auprès des sportifs russes lors des JO d'hiver de Sotchi.

Quel rôle a joué le ministère russe des Sports?

Quoi qu'il en soit, les termes de son rapport sont sans ambiguïté. Le juriste canadien Richard McLaren a rendu public vendredi son rapport final commandé par l'agence mondiale antidopage (AMA).

Des mesures ont déjà été introduites pour lutter contre le dopage conformément à la Convention internationale de l'UNESCO contre le dopage dans le sport et à la Convention du Conseil de l'Europe contre le dopage, poursuit le communiqué du ministère russe des Sports.

Ancien directeur du laboratoire de Moscou, le Dr Grigori Rodtchenkov a révélé en mai au New York Times l'implication des services secrets russes dans la triche organisée aux JO de Sotchi, déclenchant l'enquête menée par Richard McLaren.

Le rapport McLaren décrit un système de dopage d'Etat dans 30 sports, et étend la fraude à l'ensemble des grandes compétitions qui ont eu lieu durant la période 2011-2015, mettant au jour une "manipulation systématique d'échantillons et d'ADN" aux JO 2012 et 2014. Le document démontre comment la Russie aurait protégé ses athlètes médaillés pendant les JO de Londres 2012, les Mondiaux d'athlétisme 2013 à Moscou ou les JO d'Hiver 2014 de Sotchi. "Les infos que nous avons sont confidentielles. Qu'elles décident de poursuivre pour des infractions aux règles antidopage ou non, c'est à elles d'en décider", a-t-il souligné.

Pour Richard McLaren, pas de doute, les plus hautes autorités russes étaient dans le coup. Les découvertes faites par l'équipe McLaren mêlent professionnalisme et méthodes artisanales, comme celle-ci, à base de sel et de Nescafé pour fausser les résultats des contrôles effectués en amont des JO de Londres en 2012.

Moscou devait gagner. "Cela visait à assurer à la Russie, le pays hôte, qu'il pourrait décrocher le plus de médailles possible en permettant à ses meilleurs sportifs prétendant à une médaille de se doper et, parfois, dans certains cas, y compris pendant les Jeux", a encore développé M. McLaren. "Si vous avez un système centralisé, une infrastructure qui utilise différentes parties de différentes organisations sous la tutelle du ministère des Sports, on peut appeler ça un système d'Etat", nuance-t-il toutefois. "Puis il a modifié les échantillons en les diluant avec de l'eau, en ajoutant du sel, du dépôt ou des granules de Nescafé si nécessaire pour retrouver la concentration et l'apparence de l'échantillon B", prélevé au moment du contrôle. "Cela l'inquiétait car il savait qu'ils étaient sales et qu'ils se révéleraient positifs", alors que le laboratoire avait spécifié qu'ils étaient négatifs dans le système informatique Adams de l'Agence mondiale antidopage.

"Le Dr Rodtchenkov savait que 10 de ces échantillons étaient sales, mais quand le laboratoire (de Moscou) a voulu les remplacer (par des urines propres) ils se sont aperçus qu'ils ne disposaient d'urine propre que pour 8 de ces athlètes".

"Le Dr Rodchenkov a remplacé les urines sales de huit athlètes".

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