Pourquoi les électeurs votent (encore) ce dimanche 4 décembre — Autriche

10 Décembre, 2016, 04:41 | Auteur: Sebastien Chopin
  • Autriche les autichiens ont commencé à voter pour élire leur Président

Le candidat du parti d'extrême droite FPÖ a été devancé par le candidat écologiste libéral Alexander Van der Bellen. "Nous sommes tous très soulagés et très reconnaissants ", a déclaré le directeur de campagne d'Alexander Van der Bellen, Lothar Lockl. "Je suis infiniment triste que cela n'ait pas marché", s'est incliné M. Hofer dans un communiqué. "Toutefois, la Cour constitutionnelle autrichienne a annulé le second tour de la présidentielle après avoir constaté des irrégularités " patentes " qui auraient pu avoir donné lieu " à des manipulations", sans cependant que celles-ci n'aient été " clairement établies comme des fraudes ".

Visiblement fatigué, mais tout sourire, le président élu a salué devant les caméras la victoire d'une "Autriche proeuropéenne ". Ce résultat, avec une plus grande participation et un écart plus net qu'en mai dernier, montre que les Autrichiens refusent majoritairement de voir leur pays rejoindre le camp de la peur, la haine et la division. Cet austère professeur d'université de 72 ans, ancien doyen de la faculté d'économie de Vienne, a tâché, tout au long de la campagne, de rajeunir son image avec des tee-shirts colorés. "La montée du candidat populiste y a vraiment délié les langues".

Le FPÖ avait présenté Alexander Van der Bellen comme un "gauchiste en habits bourgeois", lui reprochant des accointances "communistes", le renvoyant aux positions de son ancien parti en matière d'immigration. "Nous avons besoin de quelqu'un qui soit capable d'assumer la fonction". Donald Tusk, le président du conseil européen, a affirmé que "face à de nombreux et difficiles défis, la poursuite de la contribution constructive de l'Autriche à la recherche de solutions partagées en Europe et au maintien de l'unité européenne va rester primordiale". Alexander Van der Bellen a ainsi promis la " tolérance zéro " en matière de sécurité et une restriction du droit d'asile pour les migrants économiques.

Cet été, il était apparu dans une fête de village en veste traditionnelle - une première - non pour s'attirer les grâces de l'électorat conservateur, a-t-il juré, mais pour être au diapason des visiteurs. Avec 53,3 % des suffrages, Van der Bellen fait beaucoup mieux qu'en mai dernier (50,3 %). Une élection de Norbert Hofer était attendue avec intérêt aussi par le Front national en France. "Le populisme n'est pas une fatalité pour l'Europe", avait jugé le Premier ministre, qui devrait se déclarer dans les prochains jours candidat à la primaire organisée par le PS en vue de la présidentielle de 2017.

Vers 18 h 15, Alexander Van der Bellen est finalement arrivé au palais Hofburg de Vienne, stoïque, entouré des siens.

Le vainqueur a attribué son succès "à l'engagement de dizaines de milliers de gens", indépendants des partis, qui ont organisé la mobilisation en sa faveur, notamment sur les réseaux sociaux. Il avait été clair par avance et avait annoncé son retrait en cas de défaite d'où sa démission.

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