Vote présidentiel, extrême droite aux portes du pouvoir — Autriche

10 Décembre, 2016, 05:46 | Auteur: Sebastien Chopin
  • Le candidat vert Alexander Van der Bellen remporte la présidentielle autrichienne

Van der Bellen, 72 ans, est crédité de 53,3% des voix, selon les projections de la télévision publique, contre 46,7% à Hofer, 45 ans, vice-président du parlement et cadre du Parti de la liberté (FPÖ) depuis 25 ans. L'ancien dirigeant des Verts autrichiens et ex-doyen de la faculté d'économie de Vienne s'est réjoui de la victoire d'une "Autriche pro-européenne". Son score marque une nette progression après les 50,3% des voix obtenus lors du scrutin initial le 22 mai. Toutefois, le résultat du scrutin avait été annulé par la Cour constitutionnelle en raison d'irrégularités dans le dépouillement des votes par correspondance. Cette fois-ci, le parti d'extrême droite a fait savoir qu'il ne contesterait pas les résultats. "Le populisme n'est pas une fatalité pour l'Europe", a tweeté le locataire de Matignon, qui devrait lui-même se déclarer candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste en vue de la présidentielle française de 2017 dans les prochains jours.

Alexander Van der Bellen a annoncé que s'il était élu, il empêcherait la formation d'un gouvernement par le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache, ce qui lui a valu d'être traité de "fasciste écologiste" par Norbert Hofer. Le vainqueur a attribué son succès "à l'engagement de dizaines de milliers de gens", indépendants des partis, qui ont organisé la mobilisation en sa faveur, notamment sur les réseaux sociaux.

Pour M. Hofer, "l'Europe est dans une crise profonde" qu'elle doit résoudre en concentrant moins de pouvoirs supranationaux à Bruxelles.

A Bruxelles les réactions à la victoire d' Alexander Van der Bellen sont positives: c'est une " Bonne nouvelle pour l'Europe " a déclaré le chef de la diplomatie italienne Paolo Gentiloni. "Le peuple autrichien a fait le choix de l'Europe et de l'ouverture", dit le chef de l'Etat français dans un communiqué. Les populistes espéraient une victoire historique, ils ne rentreront pas à la présidence.

Le candidat du FPÖ, qui n'avait pas fait campagne sur le thème d'une sortie de l'UE, entendait aussi incarner la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat, le renouveau vis à vis des partis social-démocrate (SPÖ) et conservateur (ÖVP) qui gouvernent l'Autriche depuis des décennies.

Plus tôt dans la journée, M. Van der Bellen, un européen convaincu, avait estimé devant la presse que le scrutin présidentiel allait montrer "la direction que veut prendre l'Autriche, si le pays souhaite continuer à être un membre fidèle de l'Union européenne ou non".

Je partage le soulagement de tous les démocrates et défenseurs des droits humains qui ont réussi à barrer la route à une extrême droite, dont la politique est aussi libérale que réactionnaire, brisant ainsi la spirale inquiétante du Brexit et de l'élection de Donald Trump.

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