Brexit : Theresa May veut une "rupture claire et nette" avec l'Union européenne

19 Janvier, 2017, 16:45 | Auteur: Nathanaël Gerin

Très attendu par les marchés, le discours de Theresa May a permis de lever un certain nombre d'incertitudes.

La Première Ministre britannique, Theresa May, prendra la parole ce mardi à Londres pour expliquer sa vision de la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne.

Bruxelles n'a pas commenté officiellement la feuille de route de la Première ministre britannique. Il est populiste en ce qu'il promet un contrôle strict des frontières pour juguler une immigration devenue insupportable à beaucoup d'électeurs anglais; mais il est libéral en ce qu'il ne change pas le droit du travail, sauf pour l'alléger en se débarrassant des normes sociales européennes.

Son relatif mutisme provoque pourtant la grogne de la classe politique britannique, qui veut pouvoir maîtriser sa stratégie.

En refusant une négociation sur le Brexit "qui laisse le pays avec un pied dans l'UE et un à l'extérieur", elle a sanctuarisé la perspective d'un "hard Brexit". Elle a dit qu'elle ne reniait pas les valeurs européennes, mais ce sont des positions de principe: elle a déclaré qu'elle voulait quitter l'Union européenne, mais aussi la Cour de justice de l'Union européenne qui, précisément, défend les valeurs de l'Union européenne. "Ils vont engager des négociations pour trouver le meilleur accord". Pas question de suivre les Norvégiens qui sont hors de l'UE et paient leur ticket d'entrée pour avoir accès au marché unique. L'impression a été renforcée par la publication hier dans toute la presse des propos d'un "proche du dossier" assurant qu'elle "a fait le choix d'y aller à fond". La livre sterling a aussitôt perdu 2,5 % face à l'euro depuis huit jours. Ce que Theresa May présente comme des intérêts mutuels préservés apparaît comme un songe éveillé: recevoir le plus possible sans rien donner. C'est ce dernier qui se prononcera par un vote.

Elles s'appliquent aux Etats membres de l'organisation " ainsi qu'à l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein en tant que signataires d'un accord d'association avec l'UE, l'accord sur l'Espace économique européen (EEE) de 1992 ", indique dans une étude l'Institut Jacques Delors, un cercle de réflexion sur l'UE. Je suis un grand fan du Royaume-Uni. "Ce sera bon pour les deux parties".

En effet, Theresa May "s'est appliquée en une petite heure à faire mentir les soupçons d'indécision", alimentés par sept mois de silence, qui lui ont valu le surnom de "Theresa Maybe" dans les colonnes de The Economist, estime Le Point. " Loin de l'avenir radieux promis par les Johnson et compagnie".

Londres n'a pas défini sa politique d'immigration à l'égard des ressortissants des pays de l'UE en activité outre-Manche ou projetant de travailler au Royaume-Uni. Si le Britannique Boris Johnson s'est singularisé en qualifiant de "très bonne nouvelle " la main tendue par Donald Trump pour un accord commercial rapide entre Washington et Londres, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a appelé l'Europe à "faire bloc " (...).

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