Israël : Trump reste flou sur " la solution à deux États "

16 Février, 2017, 22:57 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu embarque pour Londres à l'aéroport international Ben Gurion le 5 février 2017

"Cette rencontre avec Donald Trump, " ce sera un véritable test pour Netanyahu, affaibli par les affaires et - politiquement - par sa propre aile droite qui ne cesse de le mettre en difficulté", explique Emmanuel Navon, professeur de Sciences politiques à l'Université de Tel Aviv et ancien membre du Likoud". Elle a répété dans un communiqué son "attachement à la solution à deux Etats" et s'est dite "prête à interagir de manière positive avec l?administration Trump pour construire la paix". "Cela n'a aucun sens", avait-elle dit à l'AFP. La solution à deux Etats, israélien et palestinien côte à côte, a été défendue par tous les présidents américains successifs, qu'ils aient été démocrates ou républicains.

La direction palestinienne se range toujours à la solution à deux-états et a proposé un grand nombre de concessions pour appuyer cette solution, alors qu'Israël essaie de s'en tenir à la solution d'un état unique, qui, a ajouté Erekat, est un scénario irréalisable.

Pendant la campagne, Donald Trump s'était clairement affiché pro-israélien, tout en affirmant que s'il était élu il présiderait à un accord de paix. Elles n'ont pas le choix. Hanan Ashrawi, haut responsable de l'OLP, a dénoncé "une déclaration irresponsable qui ne fait pas avancer la paix".

Donald Trump définit la paix au Proche-Orient comme une priorité, assure-t-on à la Maison blanche et il a confié à son gendre, Jared Kushner, la mission de négocier un accord de paix. Le problème, c'est qu'en défendant des positions proches de celle de Benjamin Netanyahou, il risque de fâcher les Palestiniens et de perdre la position d'équilibre qui est censé permettre aux Etats-Unis d'être un intermédiaire crédible dans ce conflit séculaire.

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Est-il pour ou contre les colonies?

Selon le successeur de Barack Obama à la Maison Blanche, les Etats-Unis tiennent énormément aux " liens insécables " avec l'Etat hébreux.

Sur une note moins favorable, le président américain a invité le dirigeant israélien à faire preuve de modération dans sa politique de colonisation juive dans les territoires occupés par Israël. Ensuite, il s'est démené pour empêcher, sans succès, le vote au Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution condamnant les activités israéliennes en Cisjordanie. Ce à quoi Benjamin Netanyahu n'a pu donner qu'une réponse évasive que son homologue américain a fait mine de prendre comme le début d'une négociation. Elle a aussi dit ne pas croire que "l'existence de colonies (était) un obstacle à la paix". Mardi soir, un responsable de la Maison-Blanche avait indiqué que Washington n'insisterait plus sur la solution à deux Etats et ne dicterait plus les termes d'un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

Les Palestiniens ont d'ailleurs lancé mercredi une mise en garde à l'administration américaine contre l'abandon de ce principe, exprimant les craintes suscitées par les différentes déclarations de Donald Trump sur le sujet.

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