Lancement de la procédure de ratification du CETA

16 Février, 2017, 08:37 | Auteur: Nathanaël Gerin

En protestation à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, des militants anti-CETA ont posé un énorme cheval gonflable devant le Parlement européen à Strasbourg. La commissaire européenne au Commerce considère ce texte comme "le plus progressiste jamais conclu" et juge ce traité "plus important que jamais" à l'heure du protectionnisme de Donald Trump [Le Parisien].

Les militants se sont d'abord rendus devant le Parlement européen, pour tenter d'en bloquer les accès aux eurodéputés tôt ce mercredi matin.

Que contient le texte?

Le PCF et ses élus vont continuer de rassembler autour de cette exigence de référendum faisant appel à l'intelligence collective des citoyens, à la fois pour mesurer le contenu réel du CETA et d'ouvrir le débat nécessaire sur une régulation de la mondialisation économique, commerciale, sociale, culturelle et environnementale à contrario de la priorisation de la concurrence effrénée sur les droits les plus fondamentaux, qui détruit nos sociétés et notre planète. En effet "Bruxelles voit dans le CETA un modèle pour les traités commerciaux à venir", explique la RTBF.

Origines géographiques L'accord fournit aussi une protection supplémentaire à 143 origines géographiques spécifiques (AOC), dont 42 françaises, comme le roquefort, le saint-nectaire ou les pruneaux d'Agen. Aujourd'hui, les entreprises européennes sont sous-représentées sur ce marché (7% du marché canadien seulement).

Les multinationales investissant à l'étranger pourront porter plainte contre un Etat qui adopterait une politique publique contraire à leurs intérêts, afin de demander réparation. Ils craignent aussi que les normes sanitaires ne soient revues à la baisse dans le futur.

Et la pétition réclamant son retrait, qui a recueilli plus de 3,5 millions de signatures, donne une idée de la difficulté qu'auront ses promoteurs à convaincre l'opinion des peuples européens.

A l'inverse une étude de l'Université américaine de Tufts estime que le CETA pourrait entraîner la destruction de 230 000 emplois dont 200 000 dans l'Union Européenne d'ici 2023. L'application provisoire d'une partie du texte devrait entrer en vigueur dès le mois d'avril prochain. Parmi les chapitres provisoirement exclus, ce fameux tribunal d'arbitrage.

Recommande: