Marine Le Pen a reconnu avoir salarié fictivement un assistant

16 Février, 2017, 20:36 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Marine Le Pen à Menton le 13 février 2017

Concernant Catherine Griset, amie et collaboratrice de longue date de la présidente du FN, " l'enquête a également montré que Mme Le Pen [l'] avait fait employer par le Parlement européen sur un poste d'assistante parlementaire accréditée à Bruxelles alors qu'elle était son assistante personnelle au siège de son parti en France ".

L'Office européen de lutte contre la fraude (l'Olaf), qui a aussi enquêté sur ces emplois, dont certains sont soupçonnés d'être fictifs, a transmis à la justice française son rapport en juillet.

Alors que Marine Le Pen caracole toujours en tête des sondages, de nouvelles révélations sont publiées par Mediapart et Marianne ce jeudi dans l'affaire des emplois fictifs du Parlement européen. Alors que Marine Le Pen et le Front national se disent victimes de persécutions à ce sujet, ce document de 28 pages pourrait s'avérer embarrassant pour la présidente du parti. Cette procédure, qui découle d'une enquête préliminaire entamée le 23 mars 2015, s'intéressait initialement au mandat des députés européens élus en mai 2014. La réalité du travail fourni pose véritablement question pour deux d'entre eux, Thierry Légier et Catherine Griset. De septembre à décembre 2009, il est ainsi rémunéré 1.619,85 euros net par mois pour un temps partiel. Il bénéficiait alors d'une rémunération mensuelle de 7.237 euros net pour un trois quart temps.

"A la lecture des extraits publiés par Marianne et Mediapart, on apprend que l'Olaf estime que Marine Le Pen a produit un bulletin de salaire et un contrat de travail " apparemment faux " et que " Marine Le Pen a reconnu d'une part que les bulletins de salaire établis sur la période d'octobre à décembre 2011 (...) n'ont jamais été payés au bénéficiaire indiqué, Thierry Légier, et que d'autre part elle n'avait pas employé Thierry Légier pendant ces 3 mois ". "L'objet de cette opération aurait été d'obtenir du Parlement la régularisation de dépenses de salaires et charges antérieurs qui n'avaient pas été payées par ce dernier", précise l'Olaf. Ainsi, les bulletins auraient été utilisés pour obtenir le remboursement de frais. "Ces faits "pourraient être constitutifs d'infractions pénales d'abus de confiance, voire d'escroquerie ainsi que de faux et d'usages de faux, selon les dispositions respectives du code pénal français".

"Les fonctionnaires de l'OLAF ont assisté les policiers français dans l'exploitation des données saisies dans le cadre des perquisitions".

Dénué de pouvoir judiciaire, l'organisme administratif ne fait que des recommandations, car il n'a pas le pouvoir d'enclencher des poursuites.

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