Travail. Le burn-out, un mal bientôt reconnu ?

16 Février, 2017, 14:04 | Auteur: Djeferson Maurice
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Le rapport soulève également un point important: le coût économique et social du burn out est certainement considérable même s'il peine à être quantifié, faute de définition.

Reconnaître le burn-out, alors que le flou n'est toujours pas levé sur sa définition, pourrait néanmoins coûter cher à la Sécurité sociale et ne devrait pas faire que des heureux côté employeurs: la branche "accident du travail" de la sécurité sociale est financée à hauteur de 92% par les cotisations patronales. Les rapporteurs de la mission parlementaire sur le sujet, les députés Yves Censi (LR) et Gérard Sebaoun (PS), viennent de rendre leur rapport. Il n'y a aucune étude épidémiologique spécifique sur le sujet, mais Santé publique France (anciennement l'INVS) estimait à 30.000 le nombre de travailleurs touchés entre 2007 et 2012.

Dès 2014, Technologia attirait déjà l'attention sur les difficultés générées par le système actuel: le burn out n'étant pas reconnu dans le tableau des maladies professionnelles, seuls les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles peuvent statuer au cas par cas. Cependant, un seuil de 25% de taux d'incapacité permanente est requis, un "verrou" qui "limite" le nombre de dossiers reconnus (418 en 2015), a regretté Gérard Sebaoun, à l'instar de nombreux professionnels.

Considéré comme le mal du XXIe siècle, le burn-out revient au centre des préoccupations.

Après avoir auditionné une centaine de personnes, la mission propose donc "une expérimentation de l'abaissement" à 10% de ce taux, voire "sa suppression". Anticipant une "affluence de dossiers ", elle demande en parallèle "d'améliorer considérablement les moyens " des comités. Les deux députés ont présentés les 27 propositions de cette mission. Le groupe de députés qui a travaillé sur la question propose notamment de créer une agence nationale de la santé psychique au travail, dans le but de mieux cerner la "réalité grandissante" que représente le burn-out.

Vers des stages des patrons au milieu de leurs employés? La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle est inscrite dans le programme du candidat PS à la présidentielle. Rien n'empêche un employeur d'attaquer un médecin du travail lorsque celui-ci délivre un certificat faisant le lien entre la souffrance psychique du salarié et ses conditions de travail. Enfin, la mission recommande une certification des cabinets spécialisés dans les risques psychosociaux (RPS).

Ce travail parlementaire s'inscrit dans la suite de la loi Rebsamen, qui en août 2015, avait simplifié la procédure d'accès aux comités régionaux d'évaluation.

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