Trump s'éloigne de la solution à deux États — Conflit israélo-palestinien

16 Février, 2017, 23:32 | Auteur: Djeferson Maurice
  • La colonie israélienne de Kiryat Arba en Cisjordanie le 7 janvier 2017 à Hébron

"Je regarde la solution à un Etat, et la solution à deux Etats (.) et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec ce qu'ils préfèrent", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune où les deux hommes ont multiplié les sourires et les poignées de mains.

Le président américain a rencontré le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche.

Ce revirement américain, annoncé mardi soir par un responsable de la Maison Blanche, a provoqué la colère des palestiniens.

Face à un Benjamin Netanyahou qui tente de pousser son avantage sur la question des implantations, lui qui pour la première fois en 11 ans discontinus à la tête du gouvernement israélien a face à lui un président américain républicain, la Maison-Blanche s'est pour le moment démarquée par son attentisme.

Ces propos ont été prononcés alors que les états arabes sunnites pourraient se préparer à travailler avec Israël en raison de l'opposition régionale à l'Iran.

Le New York Times continue à être la " voix de Barack Obama " même après son départ. "Une solution à deux Etats qui n'apporte pas la paix est un objectif que personne ne cherche à atteindre", a-t-il affirmé.

"Vu ce que M. Trump a dit mercredi, il y a moins de raison que jamais de croire qu'il pourrait réussir là où tant d'autres présidents ont échoué", a conclu l'éditorial. Un objectif à la base des négociations de paix depuis. "Il n'y a pas de meilleur soutien du peuple juif et de l'Etat juif que le président Donald Trump", a-t-il martelé. Il a demandé au dirigeant de "retenir un peu les colonies en Cisjordanie ".

Donald Trump a rompu, mercredi 15 février, avec une politique défendue depuis des décennies par les Etats-Unis: la solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.

"Benyamin Nétanyahou doit arriver en présentant la solution de deux Etats comme une vision et esquisser, en attendant, de possibles accords intérimaires acceptables par les Palestiniens", ajoute Michael Oren. Cependant, en Israël et ailleurs, beaucoup ont perçu ses déclarations comme le glas de la formule, adoptée par les Etats-Unis et la communauté internationale comme seule solution à la paix depuis près d'un demi-siècle.

Donald Trump dit s'engager en faveur de n'importe quel "deal" qui soit négocié directement entre Israéliens et Palestiniens.

C'est "la fin d'une idée dangereuse et erronée: celle de la création d'un Etat terroriste palestinien au coeur de la terre d'Israël", a claironné le ministre israélien des Sciences Ofir Akunis, réitérant la revendication juive sur la Cisjordanie au nom de la Bible. Israël a annexé en 1981 les hauteurs du Golan conquis lors de la guerre des six jours en 1967 après l'assaut lancé par la Syrie. Son bureau a cependant publié ensuite un communiqué affirmant qu'il n'avait rien dit de tel.

Raphael Ahren et Eric Cortellessa ont contribué à cet article.

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