Ce qu'il faut savoir de la nouvelle loi — Fin de vie

20 Février, 2017, 17:34 | Auteur: Djeferson Maurice

Les Français sont encore peu familiers avec la loi de février 2016 sur les droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie.

"La fin de vie, et si on en parlait?" invite une campagne d'information lancée lundi, qui veut rappeler les changements législatifs entrés en vigueur depuis un an et inciter les Français à faire connaître leurs volontés à leurs proches.

La loi sur la fin de vie du 2 février 2016 "accorde des droits nouveaux" aux personnes en fin de vie et opère un "changement de paradigme" en disant que les directives anticipées s'imposent à l'équipe soignante, a estimé la ministre de la Santé Marisol Touraine, lors d'une conférence de presse. Elle répond à la demande d'une fin de vie digne, accompagnée et apaisée, par une meilleure prise en charge de la souffrance. Pour cela, le patient peut rédiger des directives anticipées.

Deux modèles de formulaires sont disponibles pour aider les personnes - qu'elles soient en bonne santé, malades ou en fin de vie - à exprimer clairement si elles souhaitent limiter ou arrêter les traitements, en s'assurant de respecter les conditions de validité prévues par la loi. Il peut s'agir d'un parent, un proche ou son médecin traitant.

Concrètement, les personnes atteintes d'une affection grave et incurable dont le pronostic vital est engagé à court terme peuvent demander une sédation profonde et continue jusqu'au décès. "Elle clarifie le refus de l'obstination déraisonnable et instaure le droit à la sédation profonde et continue jusqu'au décès", précise le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie.

Une campagne d'information avait déjà été menée en décembre pour mieux faire connaître ces nouvelles dispositions aux professionnels de santé et leur permettre d'"engager le dialogue avec leurs patients".

Sédation profonde, soins palliatifs.

La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), qui rassemble 5.000 soignants, a toutefois affirmé fin janvier qu'elle "refuser (ait) certaines pratiques et s'opposer (ait) à des évolutions législatives qui ne lui sembleraient pas conformes à l'intérêt des patients ou aux valeurs qui rassemblent ses adhérents".

" Cette loi place le patient au cœur des décisions qui le concerne".

Il n'autorise en revanche ni l'euthanasie (le fait de donner à une personne des substances pour réduire sa souffrance avec comme effets secondaires possibles la mort), ni le suicide assisté (où acte létal est accompli par la personne malade elle-même).

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