Le cas emblématique du soldat Elor Azaria — Israël

21 Février, 2017, 13:53 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est emparé du dossier et appelle à la grâce d'Elor Azaria

18 mois de prison à l'encontre du soldat franco-israélien Elor Azaria: ce verdict a été rendu par un tribunal militaire ce mardi matin à Tel Aviv, après un long procès qui a secoué la société israélienne.

Le cas du sergent jugé depuis mai, a profondément divisé le pays, entre ceux qui plaident pour le respect par l'armée de valeurs éthiques, et ceux qui invoquent le soutien dû aux soldats constamment confrontés aux attentats palestiniens. Ce procès sans précédent a profondément divisé l'opinion en Israël, entre ceux qui défendent l'éthique de l'armée et ceux qui soutiennent, quoi qu'il arrive, les soldats confrontés à d'incessantes attaques d'activistes palestiniens.

Le premier est tué par les tirs des militaires, mais le second, Abdel Fattah al-Charif, seulement blessé, s'écroule au sol. La séquence, filmée par une organisation de défense des droits de l'Homme, fait rapidement le tour de la Toile. Les dirigeants palestiniens dénoncent une "exécution" et l'armée israélienne arrête Elor Azaria, avant de l'inculper. Il vise Abdel Fattah al-Charif à la tête et tire, alors que celui-ci ne bouge visiblement pas.

"J'ai lu des milliers de pages et je n'ai jamais trouvé nulle part, ni en Israël ni ailleurs, un document déclarant que tirer sur une personne déjà touchée et blessée depuis plusieurs minutes était légal", a lancé en novembre le procureur Nadav Weissman. La famille du soldat, de son côté, demande que la cour fasse preuve de clémence, expliquant que les dix mois passés en détention suffisent. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dans un premier temps condamné les actes du soldat, avant de rétropédaler sous la pression de sa coalition gouvernementale, la plus à droite de l'histoire d'Israël.

Après qu'Elor Azaria a été reconnu coupable en janvier, M. Netanyahu s'est prononcé pour une grâce, une prérogative qu'il ne possède pas et qui revient au président Reuven Rivlin.

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