GRAND ANGLE - François Fillon, le candidat mis en examen

15 Mars, 2017, 06:57 | Auteur: Djeferson Maurice

Les emplois de Penelope Fillon à l'Assemblée et à La Revue des deux mondes, le travail de ses enfants au Sénat, les activités de sa société 2F, un prêt non déclaré: les volets de l'enquête qui a connu une nouvelle étape mardi avec la mise en examen de François Fillon, notamment pour détournement de fonds publics.

Le candidat de la droite et du centre a présenté aujourd'hui son calendrier des réformes fiscales qu'il a l'intention de mettre en œuvre s'il est élu, et détaillé les grandes lignes de son projet dans un long interview au journal Les Echos. Madame Fillon doit aussi être entendue par les juges, la date prévue est le 28 mars prochain. Les poursuites judiciaires seraient par conséquent renvoyées après l'exercice de son mandat.

Rappelons que selon la loi française, une mise en examen signifie qu'"il existe des indices graves ou concordants prouvant son implication dans les faits instruits" par les juges.

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Entre 1986 et 2013, auprès du député François Fillon ou de son suppléant Marc Joulaud, Penelope Fillon a perçu 680.380 euros net, soit environ 3.600 euros mensuels net. "Je n'ai jamais été son assistante", affirmait-elle en mai 2007 à une journaliste britannique.

Ce mardi 14 mars a mal commencé pour la famille Fillon. Le plus compliqué pour François Fillon demeure d'expliquer pourquoi il a de lui-même déclaré le 26 janvier, suite aux révélations du "Canard Enchaîné", qu'il renoncerait à se présenter s'il était mis en examen, avant de se rétracter et d'affirmer que "seuls les Français et le suffrage universel" peuvent le juger. Présumé innocent, celui-ci ne dévie pas de sa ligne de défense initiale. Les appels au "plan B" se sont multipliés jusqu'à ce qu'il obtienne il y a une semaine le soutien clair de son parti, Les Républicains, au lendemain d'un rassemblement de dizaines de milliers de partisans au Trocadéro. "Nous sommes démunis, désarmés, obligés de contempler cette campagne terrifiante", nous avouait lundi un proche collaborateur d'Alain Juppé. Le socle des fillonistes apparaît solide. L'hebdomadaire ne précise pas, en revanche, qui a payé: le même "ami généreux", François Fillon lui-même, ou un autre "mécène" anonyme?. Sur le papier, le vainqueur de la primaire de la droite peut encore l'emporter. La France a besoin d'une alternance forte. M. Fillon, qui a dénoncé " une chasse à l'homme", a continué à mener campagne en essayant de recentrer le débat sur son programme politique. Sans parler, côté personnel, de l'épreuve que va constituer à coup sûr ce bras de fer judiciaire. "J'ai parfaitement le droit de me faire offrir un costume par un ami", avait alors rétorqué le candidat Fillon, assurant aussi que "tout ça n'a rien à voir" avec la politique.

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