Des chercheurs font une découverte majeure — Sida

16 Mars, 2017, 14:50 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Sida : une avancée majeure

C'est une découverte majeure. C'est ce qu'ont permis les travaux menés par des chercheurs français*, présentés dans une publication de la revue Nature le 15 mars. Grâce à ce traitement pris à vie, l'infection peut être stoppée. Ces cellules seraient au nombre de "1 à 5 sur 1 million", selon les propos du directeur de l'Institut de génétique humaine, Monsef Benkirane, au "Parisien". Ces virus peuvent demeurer ainsi en latence pendant plusieurs dizaines d'années en échappant à la réponse immunitaire et aux antirétroviraux et sans que toute protéine virale soit détectable. Il ne donne alors aucun signe de vie. En attendant son heure, le virus se dissimule. Pour les médecins, la charge virale est alors indétectable. Mais en cas d'arrêt du traitement, le virus se multiplie massivement et la maladie progresse de nouveau.

En effet, si les traitements antirétroviraux sont prodigués aux patients depuis la fin des années 90, il était jusqu'ici difficile de différencier les cellules saines des cellules réservoirs abritant le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Mais récemment, un groupe de recherche français a fait un grand pas en avant en découvrant un marqueur à la surface de ces cellules.

Des chercheurs français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont d'abord trouvé en laboratoire sur des préparations de cellules in vitro que seules les cellules T CD4 qui couvaient des virus portaient une protéine particulière à leur surface qui les différenciait des autres cellules T CD4 exemptes de virus. Et les expérimentations sur échantillons cliniques l'ont confirmé. En parallèle, leur élimination (par l'action des chercheurs, ndlr) a provoqué un retard important de la production virale.

"Dans la lutte contre le VIH, cette découverte ouvre donc la voie à une meilleure connaissance fondamentale des réservoirs viraux, qui pourront désormais être isolés facilement et analysés directement", se félicitent les auteurs. "À plus long terme, elle devrait déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer de l'organisme le virus latent ".

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