Les petits pas de Manuel Valls vers Emmanuel Macron

16 Mars, 2017, 10:02 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Benoît Hamon lors de son discours à Bercy àParis le 19 mars 2017

Interrogé sur l'éventualité de ralliements du côté de Manuel Valls, Emmanuel Macron avait déclaré non sans ironie que son mouvement n'était pas une "maison d'hôtes", ajoutant ne pas vouloir consacrer son temps "à parler des vicissitudes de partis qui ne [l]'intéressent pas".

Le poids d'une voix et le choc des conséquences.

More news: Nasri expulsé après un tête contre tête avec Vardy — Leicester-FC Séville
More news: Un juge fédéral de Hawaï bloque le deuxième décret migratoire de Trump
More news: Votre employeur peut désormais financer votre permis de conduire

"Selon nos informations, de sources concordantes, Manuel Valls s'apprête à prendre la parole pour appeler les électeurs à soutenir son ancien rival Emmanuel Macron, et ce dès le premier tour", écrivait le journal hier soir. "Je ne me sens pas trahi", a cependant précisé Benoît Hamon avant de rappeler que tous les candidats de la primaire socialiste s'étaient engagés à soutenir le vainqueur. Mais un échec de Benoît Hamon - chez une partie des socialistes, on le voit autour de 10% seulement! - précipiterait le processus. Après l'officialisation du soutien de Bertrand Delanoë et celle à venir de Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls apparaîtrait comme une prise de choix pour son ancien ministre.

"C'est partagé chez les vallsistes", résume l'un d'entre eux, entre ceux qui défendent une posture légitimiste, même "silencieuse", en faveur de Benoît Hamon, ceux qui défendent un ralliement à Emmanuel Macron s'il parvient au second tour, et ceux qui poussent pour un soutien avant le premier tour. "Il y a un grand désarroi et une décomposition". De plus, Manuel Valls n'accepte pas l'accord signé par Benoît Hamon avec l'écologiste Yannick Jadot ainsi que le retour des frondeurs auprès du candidat à la présidentielle. L'ancien Premier Ministre a provoqué un tollé en annonçant qu'il n'apporterait pas son parrainage à Benoit Hamon après avoir affirmé qu'il le soutiendrait; il ne parrainera pas davantage Emmanuel Macron, démarche que s'apprêtent à accomplir un certain nombre d'élus PS. Ces "coups de canif" au règlement ont provoqué des réactions très vives dans le camp de Benoit Hamon, mais aussi parmi les "loyalistes" du PS qui l'ont rallié, et qui déplorent que le débat se concentre sur le rejet de Marine Le Pen, plaçant ainsi la candidate du FN au centre du jeu. Le climat se tend entre les deux hommes. C'est décidé: il ne "peut pas" apporter son parrainage à Benoît Hamon, dont la campagne est une "dérive" qui "amène du sectarisme" selon lui. "Jusqu'au revirement de mardi soir, qui arrive après les défections de nombreux socialistes (Claude Bartolone et Bertrand Delanoë, par exemple, soutiennent officiellement Macron depuis peu)". Une stratégie qui conforte le candidat d'En Marche!

Recommande: