Le baclofène efficace pour un malade sur deux — Alcoolisme

17 Mars, 2017, 16:38 | Auteur: Djeferson Maurice
  • L'autorisation temporaire qui encadre l'utilisation du baclofène pour traiter l'alcoolo-dépendance est prolongée d'un an simplifiée et assouplie-AFP  Archives  DAMIEN MEYER

Cette prolongation de l'autorisation qui prend effet vendredi intervient dans l'attente des résultats définitifs de trois études (une sur la sécurité du produit ANSM/Assurance Maladie et les études Bacloville et Alpadir).

Mené par tirage au sort, en double aveugle, l'essai Bacloville, visait à comparer l'efficacité et la sûreté du baclofène à fortes doses à celles d'un placebo chez des patients alcoolo-dépendants suivis en ville. Désormais, les comprimés de baclofène (Liorésal 10mg et Baclofène Zentiva 10mg) pourront être prescrits d'emblée pour l'"aide au maintien de l " abstinence après sevrage" et la "réduction de la consommation d'alcool".

En revanche, si l'on parle d'une réduction de la consommation, le baclofène se révèle très efficace.

"Il s'agit de résultats très intéressants, voire exceptionnels (.)", s'est félicité le Professeur Jaury, qui a présenté les résultats.

Depuis des analyses ont porté notamment sur la tolérance et l'innocuité du traitement.

On retrouve néanmoins des effets indésirables plus fréquents avec le baclofène (44 %) (insomnie, somnolence et dépression), comparé au placebo (31 %).

Enfin notons que des décès ont été observés, aussi bien dans le groupe des patients traités que dans le groupe sous placebo, l'ensemble des sujets inclus étant marqués par une grande fragilité potentielle.

"Le baclofène permet de réduire la consommation d'alcool, dans un cas sur deux, ce n'est déjà pas si mal", réaffirme à l'AFP le Pr Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions en tenant compte des deux études.

D'une durée de 7 mois, l'étude Alpadir a également inclus 320 patients répartis par tirage au sort en deux groupes (158 sous baclofène à la dose de 180 mg/jour et 162 sous placebo).

C'est aussi ce que montrait, en décembre 2012, une étude menée par une équipe de chercheurs de l'université d'Amsterdam.

En raison d'un cadre qu'ils jugeaient trop restrictif et compliqué, la plupart des médecins avaient tendance à contourner cette RTU pour prescrire le baclofène aux patients souffrant d'alcoolisme.

Reste que les résultats des deux études présentées aujourd'hui sont prometteuses. Baisse encore plus marquée chez les buveurs à haut risque, soit ceux qui boivent plus de 4 verres par jour pour les femmes et plus de 6 pour les hommes. Sa popularité a explosé en 2008 avec la parution du livre "Le dernier verre" d'Olivier Ameisen, un cardiologue depuis décédé, qui y racontait que ce médicament avait supprimé son envie de boire.

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