Un gardien condamné pour féminicide retrouve un club — Brésil

17 Mars, 2017, 23:16 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Sorti de prison Bruno retrouve un club et le Brésil ne digère pas

Devant ces fuites, Bruno Fernandes n'a pas semblé démotivé pour autant: "Je me prépare depuis des années".

Trois sponsors du Boa Esporte ont d'ores et déjà décidé de se retirer et des fans ont lancé un mouvement de boycott des matchs. "Je suis très heureux et motivé", a conclu Bruno. "Dieu nous ouvre des portes". "Face à la décision de maintenir le recrutement de Bruno, le Groupe Gois e Silva annonce officiellement qu'il n'est plus sponsor du club", a fait savoir dans un communiqué l'entreprise spécialisée dans la reprise de sociétés en faillite.

Le recrutement du gardien a choqué au Brésil. Une nouvelle qui a déclenché un tollé sur les réseaux sociaux et dans l'opinion publique brésilienne.

Ce lundi, le site officiel du club a été piraté. "Il s'agit d'une manifestation de rejet du Boa Esporte et de tous ses sponsors, qui soutiennent directement le féminicide", lisait-on sur la page au moment du piratage. Récemment, un sondage a été réalisé par le club lui-même.

Quand un journaliste lui a demandé comment il pourra jouer libéré malgré la possibilité de retourner derrière les barreaux après son jugement en appel, Bruno a répondu simplement: "Personne ne peut refermer des portes ouvertes par Dieu". Des manifestations d'associations féministes sont prévues sur place.

Face aux critiques, le président de Boa Esporte, Rone Moraes da Costa, a expliqué que le club n'était pas "responsable de la remise en liberté" de Bruno, mais se trouvait "dans l'obligation sociale de collaborer à la réinsertion d'un homme". L'affaire avait bouleveresé tout le pays.

Alors qu'il avait fini par avouer sa participation dans le meurtre sordide d'Eliza Samudio, 25 ans, enlevée, torturée puis tuée par étranglement avant que son corps sans vie ne soit jeté aux chiens du footballeur, Bruno vient de signer avec un club de deuxième division brésilienne, le Boa Esporte. Un acte ignoble encore dans les têtes des Brésiliens.

Dès sa sortie de prison, Bruno a suscité l'indignation après la publication d'images le montrant en train de faire la fête avec du champagne, comme si son séjour en prison et surtout le meurtre de son ex-maîtresse n'avaient jamais existé. Les dirigeants reviendront-ils sur leur décision?

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