"Je suis là pour mourir par Allah" — Orly

19 Mars, 2017, 23:13 | Auteur: Gerard Affre
  • Le procureur de la République de Paris François Molins et le patron de la PJ de la capitale Christian Sainte

Sa tentative d'y dérober l'arme d'une militaire lui a coûté la vie. Faits, identité de l'assaillant, perturbations. Ziyed Ben Belgacem, abattu samedi 18 à l'aéroport d'Orly après avoir attaqué des militaires, était un braqueur, délinquant multirécidiviste, qui avait montré par le passé des signes de radicalisation en prison.

Les faits ont débuté peu avant 07h00, à Garges-lès-Gonesse, une commune de la banlieue nord de Paris d'où il était originaire: lors d'un contrôle routier, l'homme a tiré au pistolet à grenailles sur des policiers, en blessant légèrement un à la tête. Puis il repart, abandonne sa voiture, en vole une autre et se rend à l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne). L'homme de 39 ans jette au sol un sac contenant " un bidon d'hydrocarbure ".

"Poser vos armes. Mains sur la tête. De toutes façons, il va y avoir des morts".

Il a tenté de s'emparer de l'arme à feu de l'une des militaires, la menaçant avec son pistolet à grenailles, l'utilisant comme bouclier humain.

Les deux autre soldats ont alors "ouvert le feu pour la protéger" et "protéger tout le public", a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. L'assaillant avait sur lui un briquet et un paquet de cigarettes, ainsi que 750 euros et un coran. Le pays reste en état d'alerte maximale après les attaques répétées de partisans de l'état islamique au cours des deux dernières années et l'état d'urgence devrait être maintenu au moins jusqu'à la fin du mois de juillet.

Les premiers éléments de l'enquête permettent de dessiner le profil d'un homme prêt "à aller jusqu'au bout", même s'il n'a fait aucun mort à part lui. Il avait également fait l'objet d'une perquisition administrative après les attentats du 13 novembre 2015. L'enquête a été ouverte pour "tentative d'homicide (...) en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Trois personnes de l'entourage du suspect sont en garde à vue: son père, son frère et un cousin âgé de 35 ans qui se sont tous trois présentés spontanément à la police. Il avait rencontré l'agresseur la nuit précédant les faits dans un bar de la banlieue parisienne. De la cocaïne a notamment été trouvée sur place, ainsi qu'une machette et des devises étrangères. Orly-Ouest, où le trafic était interrompu depuis l'agression, a rouvert ses portes samedi vers midi, celui d'Orly-Sud vers 15h. Le retour a la normale s'est fait de manière progressive dimanche 19 mars, malgré quelques retards dans la matinée.

La fermeture des deux terminaux a obligé les autorités aéroportuaires à dérouter plusieurs dizaines de vols et à donner comme consigne aux passagers des avions présents sur le tarmac d'Orly de rester à bord des appareils. Quelque 1.500 personnes se trouvaient à bord, selon ADP.

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