Attaque d'Orly. "Mon fils n'était pas un terroriste"

20 Mars, 2017, 04:43 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le procureur de la République de Paris François Molins et le patron de la PJ de la capitale Christian Sainte

Un homme a été abattu ce samedi matin à l'aéroport d'Orly à Paris après avoir dérobé l'arme d'un militaire, a indiqué le ministère de l'Intérieur français.

Trois personnes de son entourage sont en garde à vue: son père, son frère et un cousin âgé de 35 ans qui se sont tous trois présentés spontanément à la police.

Ziyed Ben Belgacem, un Français de 39 ans, a été abattu samedi matin par un soldat en faction alors qu'il venait de s'emparer de l'arme d'une militaire. Dans un témoignage recueilli par Europe 1, il affirme que son fils " n'était pas un terroriste ". "Jamais il a fait la prière et il boit", a-t-il dit, "et sous l'effet de l'alcool et du cannabis, voilà où on en arrive".

Une autopsie a été réalisée dimanche qui permettra notamment de déterminer si l'assaillant était sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants. Il a été retrouvé sur lui 750 euros, un exemplaire du coran, un paquet de cigarettes et un briquet et, à son domicile, de Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise) quelques grammes de cocaïne et une machette.

Sa trace réapparaît à une trentaine de kilomètres de là, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) en banlieue sud, où il vole une autre voiture, avant de gagner l'aéroport d'Orly-Sud situé à quelques kilomètres. Ce que l'on sait de l'attaque de samedi à l'aéroport d'Orly-sud.

Pour le procureur, plusieurs éléments désignent Ziyed Ben Belgacem comme un homme dangereux, déterminé "aller au bout de ce processus" mortifère: le choix de la cible, des militaires, "correspond aux mots d'ordre diffusés par les organisations terroristes jihadistes" et le profil de l'assaillant, "repéré comme radicalisé à l'occasion d'un passage en détention au cours des années 2011-2012".

Une enquête a été ouverte notamment pour tentative d'homicide et d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste.

En France, le parquet antiterroriste a été saisi après la mort d'un assaillant à l'aéroport d'Orly-Sud près de Paris.

"La dernière fois que je l'ai vu, c'était il y a trois jours". Il me dit 'Voilà papa, je te demande pardon, j'ai fait une connerie avec un gendarme'. Il semblait solitaire. Nul n'avait idée de son passé carcéral, ni de sa mise en examen dans une affaire de cambriolage, pas plus tard qu'en mars 2016. Il faisait l'objet d'une interdiction de quitter le territoire. D'après une source policière, l'homme était connu des autorités et placé sur la liste de surveillance de la police. Toutefois, après l'instauration de l'état d'urgence en 2015, une perquisition administrative de son domicile "n'avait rien donné" et aucun séjour en zone irako-syrienne n'a pour l'instant pu être établi. Selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP, aucun contact avec un membre de la mouvance djihadiste n'a été relevé à ce stade des investigations.

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