Faut-il fouiller à l'entrée de la zone publique?

20 Mars, 2017, 16:12 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • La vidéo de l'attaque à Orly filmée par la caméra de surveillance de l'aéroport

"Il ne faut pas de contrôles dans les zones publiques", a ainsi déclaré Augustin de Romanet.

Le trafic aérien avait été fortement perturbé samedi dans le ciel parisien après l'attaque d'une patrouille de l'opération Sentinelle à Orly, qui a conduit les autorités à fermer les deux terminaux, à interrompre tout décollage ou atterrissage et à dérouter de nombreux avions vers des aéroports voisins.

S'exprimant au micro de France Inter, l'une des remarques les plus contre-intuitives du patron d'ADP concerne sa préconisation de ne pas mettre en place de fouilles à l'entrée des zones "publiques", c'est-à-dire les zones librement accessibles, comme par exemple les parcs de stationnement, les zones d'accueil, les voieries extérieures.

Des remèdes pires que le mal?

Selon lui, de tels points de sécurité provoqueraient d'énormes embouteillages, tandis que des contrôles dans la zone publique créeraient des files d'attente et donc des "cibles à l'extérieur de l'aéroport".

"La sécurité totale n'existe pas", a cependant nuancé le patron d'ADP qui s'est rendu en octobre dernier en Israël pour "voir les méthodes" de sûreté à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv.

Lors de l'attentat de l'aéroport de Zaventem à Bruxelles en mars 2016, la question du renforcement de la sécurité des aéroports par le biais de ces contrôles en amont avait déjà été posée. Et, comme pour les files d'attente provoquées par les contrôles piétons dans la zone publique, ces goulets d'étranglement dans le flux du public pourraient créer de nouvelles cibles pour des entreprises terroristes.

Le PDG a en revanche avancé la piste de la reconnaissance faciale.

Alors, y a-t-il une vraie solution? "Aujourd'hui à Orly nous avons 2000 caméras et il est exact que la cible que nous devons atteindre -ce n'est peut-être pas pour l'année prochaine- c'est celle qui consisterait à avoir en mémoire les caractéristiques des visages de toutes les personnes qui sont suspectées d'être dangereuses et d'avoir des caméras qui, avec la reconnaissance faciale, identifient sans délais la connexion entre le visage fiché et l'image prise par la caméra". Mais seulement "pour faciliter la rapidité du passage aux frontières (.), pas pour détecter les personnes jugées dangereuses", a rappelé le Pdg d'ADP.

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