Homme abattu à Orly : l'assaillant était sous l'emprise d'alcool et de stupéfiants

20 Mars, 2017, 09:10 | Auteur: Sebastien Chopin
  • Patrouille au pied de la Tour Eiffel le 15 novembre 2015 aux lendemains des attentats de Paris et Saint Denis

Un homme connu des services de police et de renseignement, Ziyed B., a attaqué samedi matin une patrouille de militaires de l'opération Sentinelle à l'aéroport d'Orly, avant d'être abattu. Le frère et le cousin étaient toujours entendus dimanche par la police, mais la garde-à-vue du père avait été levée dès samedi soir. Ziyed Ben Belgacem, un Français d'origine tunisienne de 39 ans, braqueur multirécidiviste, avait été condamné en 2009 pour trafic de stupéfiants.

"Il (n') a jamais (.) été un terroriste mon fils".

Juste avant l'attaque, Ziyed Ben Belgacem avait jeté au sol un sac contenant un bidon d'hydrocarbures.

Auparavant vers 6h55, lors d'un contrôle routier à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) à proximité de Stains (Seine-Saint-Denis), l'homme avait tiré avec le même pistolet à grenaille sur un policier, le légèrement à la tête avant de prendre la fuite.

On en sait un peu plus sur le déroulement des événements à Orly, samedi matin. La perquisition au domicile des parents n'a pas non plus apporté d'éléments intéressants. La "lutte qui dure plus de deux minutes démontre de façon assez évidente la très forte volonté de l'agresseur" d'"aller au bout de ce processus", a-t-il affirmé. Ont été retrouvés sur lui 750 euros, un exemplaire du coran, un paquet de cigarettes et un briquet et, à son domicile, dans la banlieue parisienne, quelques grammes de cocaïne ainsi qu'une machette. Un profil confirmé par son père à la sortie de sa garde à vue: "Il n'a jamais été un terroriste mon fils, jamais il n'a fait la prière, et il boit!" L'homme n'était pas fiché "S" (sûreté de l'État), mais fiché "J" (justice) au Fichier des personnes recherchées (FPR) en raison de son placement sous contrôle judiciaire dans une affaire de vol à main armée. Il me dit:"Voilà papa, je te demande pardon, j'ai fait une connerie avec un gendarme". Ça fait un choc, mais qu'est-ce que vous voulez? Avec de telles fréquentations et la drogue. "En fin de compte, c'est moi qui paye", a ajouté son père.

Pour le parquet, qui a ouvert une enquête notamment pour tentative d'homicide et d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, l'agression d'Orly est "le terme d'un parcours violent et destructeur". Le père et le frère de l'homme abattu s'étaient rendu d'eux même à la police dans la journée après avoir reçu un SMS de l'assaillant disant qu'il avait tiré sur des policiers. "Détecté comme radicalisé" à l'occasion d'un passage en détention au cours des années 2011-2012, il avait également fait l'objet en 2015 d'une perquisition administrative, qui "n'avait rien donné", a précisé une source policière.

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