La crise n'en finit pas de s'envenimer — Turquie et Europe

20 Mars, 2017, 17:41 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Pays-Bas/Turquie: la crise s'envenime

- Crise ouverte La Haye/Ankara - Le 11 mars, les Pays-Bas expulsent la ministre turque de la Famille, Fatma Betül Sayan Kaya, en visite à Rotterdam, quelques heures après avoir interdit à l'avion du chef de la diplomatie Mevlut Cavusoglu de se poser sur le sol néerlandais. Pour mémoire, des unités de l'armée de la République serbe de Bosnie avaient tué 8100 hommes et garçons musulmans à Srebrenica (d'après la Commission internationale des personnes disparues), malgré la présence d'environ 400 casques bleus néerlandais dans l'enclave déclarée "zone de sécurité " par les Nations unies.

Recep Tayyip Erdogan Erdogan "continue d'envenimer la situation", a poursuivi Mark Rutte, d'un ton ferme.

Lundi soir, la Turquie avait annoncé la suspension des rencontres au niveau ministériel avec les Pays-Bas et son refus du retour à Ankara de l'ambassadeur néerlandais, actuellement à l'étranger.

" Nous avons abouti à une situation absolument sans précédent dans laquelle un allié membre de l'OTAN avec lequel nous entretenons des liens historiques et des relations commerciales fortes agit d'une manière totalement inacceptable et irresponsable", a-t-il dit à la presse. Dans les deux cas, il s'agirait de tenter de convaincre l'électeur que le pays est menacé par de terribles forces extérieures hostiles, acharnées à sa perte et que seule l'adhésion sans réserve de tous au parti au pouvoir pourra conjurer ce péril.

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Les déclarations de Recep Tayyip Erdogan interviennent alors le président turc prépare le referendum du 16 avril où les électeurs décideront s'ils souhaitent ou non lui accorder des pouvoirs plus étendus.

"Nous connaissons les Pays-Bas et les Néerlandais par le massacre de Srebrenica". De son côté, le président turc accuse les Pays-Bas de "terrorisme d'Etat". "La déclaration irréfléchie de l'UE n'a pas de valeur pour notre pays", a déclaré le ministère des Affaires étrangères turc dans un communiqué.

"En accusant les pays européens de vouloir en revenir aux années noires du nazisme, Erdogan (.) entend leur donner une leçon de démocratie, au moment même où il s'apprête à faire voter par référendum un projet qui réduit la démocratie et l'Etat de droit", relève Jean Marcou, chercheur associé à l'Institut français d'études anatoliennes.

Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, ces propos sont "détachés de la réalité". Aux Pays-Bas, où un scrutin législatif se déroulait mercredi, le parti du député islamophobe Geert Wilders semblait être arrivée en deuxième position, ex-aequo avec deux autres formations, selon des sondages sortie des urnes. Pour envisager une victoire du "oui", les voix de la diaspora turque en Europe lui sont particulièrement précieuses.

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