Le questionnaire aux élèves qui fait polémique en Corse — Religion et origines

20 Mars, 2017, 13:14 | Auteur: Sebastien Chopin
  • La teneur de deux questionnaires contenant des interrogations sur les langues les pratiques religieuses ou alimentaires crée la polémique sur l'île

Ce questionnaire, destiné aux élèves des écoles du primaire, a été élaboré par des enseignants de l'Université de Corte. Dans le cadre d'une étude sur la diversité, sous l'impulsion de l'Assemblée de Corse, un questionnaire a été distribué aux élèves du primaire et du secondaire de l'île de Beauté.

Officiellement, il s'agit d'un "état des lieux quantitatif rendu indispensable pour évaluer l'importance de chacun des groupes culturels au sein de la population". Faire "un état des lieux " sur la "diversité culturelle " Ce formulaire d'enquête, "élaboré par les enseignants-chercheurs " et destiné aux élèves de huit ans et plus, a été commandé par le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni. Et enfin qu'il respectait les prescriptions de la CNIL, la commission nationale informatique et libertés...

"Est-ce que tu crois en Allah/Dieu/Yahvé?", "Est-ce que ton père croit en Allah/Dieu/Yahvé?", "Est-ce que ta mère croit en Allah/Dieu/Yahvé?", peut-on lire dans un questionnaire destiné aux élèves de Corse, a rapporté l'AFP, le 19 mars.

"Moi aussi je suis Corse!": à Ajaccio, les musulmans redoutent le racismeD'autres questions portent sur les pratiques alimentaires et culturelles lors du Vendredi Saint, du Ramadan, ou du Shabbat, sur la consommation de viande, sur le port de signes religieux distinctifs, sur le sentiment d'appartenance à la Corse, à la France ou le sentiment de sécurité et l'intégration.

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"Je me demande comment l'université de Corse a pu s'associer à ce dérapage et surtout pourquoi l'Éducation nationale le cautionne?", s'alarme François Tatti, le président (DVG) de l'agglomération de Bastia et conseiller territorial, dans un communiqué. "Ce sont "des thématiques extrêmement sensibles", rappelle le recteur, expliquant qu'aucun élément ne plaidait" pour la diffusion du questionnaire, encore moins en année électorale. "Malheureusement la Corse n'avait pas été inclue dans cette enquête, d'où le déficit actuel de données", assure Jean-Guy Talamoni.

Après la polémique circulant notamment sur les réseaux sociaux et après le positionnement à ce propos de nombreux élus, au sujet d'un questionnaire qui aurait été diffusé auprès des élèves de Corse, le recteur d'académie a tenu à apporter des précisions.

Et de conclure: " j'espère que le dialogue prévu dans les heures à venir entre l'Université et le Rectorat permettra de trouver un terrain d'entente, car le traitement de cette délicate question implique nécessairement qu'un état des lieux soit réalisé, sur des bases scientifiques d'une parfaite rigueur. "La loi proscrit toute étude statistique à caractère ethnique", constate le nationaliste.

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