Les sénateurs votent contre le projet de révision de la Constitution — Mauritanie

20 Mars, 2017, 22:13 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Mauritanie : L'opposition salue le rejet par le Sénat du projet de révision constitutionnelle

Le RFD a souligné que le Sénat a ainsi exprimé son "refus de voir piétiner les références et symboles auxquels est attaché le peuple mauritanien ainsi que le tripatouillage de la constitution à un moment où la scène politique est profondément divisée".

L'opposition radicale, représentée par le Forum national pour l'unité et la démocratie (FNDU), formé d'une quinzaine de partis, avait appelé les sénateurs à refuser de "signer leur propre arrêt de mort", lors d'une marche suivie d'un meeting le 11 mars à Nouakchott.

Le texte de révision constitutionnelle, qui modifie la Constitution en vigueur depuis 1991, prévoit notamment la suppression du sénat, remplacé par des conseils régionaux, et un changement du drapeau national. Elle a ainsi invité la population à faire usage de tous les moyens possibles pour mettre définitivement en échec ce projet.

Les membres de la chambre haute du parlement mauritanien ont voté, vendredi, à la majorité, contre le projet de réforme constitutionnelle prévoyant, entre autres, la suppression de cette chambre, a rapporté samedi les médias locaux.

De son côté, l'ancien Premier ministre (2007-2008), Yahya Ould Ahmed el Waqf, a qualifié ce vote de "surprise pour le peuple mauritanien dans sa globalité parce qu'il n'est pas habitué malheureusement à ce que des chambres comme le Sénat refusent des projets de lois proposés par le gouvernement".

Le même texte a été adopté le 9 mars par l'Assemblée nationale.

Le projet de révision constitutionnelle soumis par le gouvernement du président Mohamed Ould Abdel Aziz prévoyait la suppression du Sénat, de la Haute cour de Justice, du médiateur de la République et du Haut conseil islamique, ainsi que le changement du drapeau national. Pour être validé, le projet de loi devait être adopté par chacune des deux chambres du Parlement à la majorité des deux tiers et ensuite être soumis à un congrès parlementaire.

L'exécutif, qui a déjà renoncé à la voie du référendum populaire qu'il a jugée "coûteuse sur le plan logistique et financier", n'a pas encore réagi à ce rejet.

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