Présidentielle : avec son meeting à Bercy, Benoît Hamon espère un nouveau départ

20 Mars, 2017, 00:34 | Auteur: Nathanaël Gerin

Samedi, Jean-Luc Mélenchon s'est vanté d'avoir rassemblé 130 000 personnes pour son défilé pour la VIe République.

Benoît Hamon, qui a fait de l'improvisation et de l'attention portée aux sujets du quotidien une de ses marques de fabrique en meeting, devrait s'efforcer de prendre de la hauteur dans un discours empreint de "gravité", selon un membre de l'équipe.

Le codirecteur de campagne de Benoît Hamon estime que celui-ci peut encore remonter la pente, alors que la moitié des électeurs n'ont pas définitivement arrêté leur choix, que l'électorat d'Emmanuel Macron est encore très friable, et que le potentiel électoral de Benoît Hamon est estimé autour de 30 %. Et dézingue ses adversaires.

Face à droite et l'extrême droite, Benoît Hamon a aussi défendu une France "ouverte, généreuse, solidaire, innovante". Il a par exemple égratigné "la clause Molière" visant à imposer l'usage du français sur les chantiers publics, une "proposition de droite".

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Quant à Marine Le Pen, elle incarne "une autre tentation, celle d'exacerber la colère et la frustration, qui viennent de réelles angoisses face à l'incompréhension d'un monde en profonde mutation". "Ce parti de l'argent a plusieurs noms, plusieurs visages, il a même plusieurs partis", a lancé le vainqueur de la primaire de la gauche, ciblant Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron.

Dans une allusion à une tirade de l'actuel président socialiste François Hollande, lorsque ce dernier était candidat à l'Elysée en 2012, contre la finance, un "ennemi" sans "nom", ni "visage", M. Hamon a aussi dénoncé le trop-plein de candidats du "parti de l'argent". Mais la campagne du candidat socialiste à l'élection présidentielle est rendue compliquée par sa famille politique: plusieurs ténors du PS sont partis dans le camp d'Emmanuel Macron, et Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, lui fait concurrence sur le créneau de la "gauche de la gauche".

Durant son heure et demie d'allocution, Benoît Hamon a repris les grandes lignes de son programme, dont son revenu universel qui "n'oppose plus le chômeur au travailleur mais les réconcilie", ou encore la légalisation du cannabis. "Notre marche prouve que nous sommes capables de diriger le pays", s'est-il félicité. Il propose ainsi de rompre avec le système très présidentiel instauré en 1958 à l'initiative de Charles de Gaulle.

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