Pratiques nazies: Berlin tente de calmer le jeu avec la Turquie

20 Mars, 2017, 21:27 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan le 18 mars 2017 à Canakkale en Turquie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris personnellement dimanche à la chancelière allemande Angela Merkel, l'accusant de pratiques "nazies", la tension entre les deux pays reprenant de plus belle après une manifestation prokurde à Francfort.

"Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plaît pas".

Samedi 18 mars, Recep Tayyip Erdogan a notamment évoqué sa volonté de rétablir la peine de mort, alors que son abolition fait partie des conditions préalables pour intégrer l'UE.

Le gouvernement allemand réitère sa position.

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"Tu as recours en ce moment précis à des pratiques nazies", a lancé dimanche à la télévision M. Erdogan à l'adresse de la chancelière. Erdogan a par ailleurs de nouveau qualifié le journaliste germano-turc Deniz Yucel, incarcéré depuis le début du mois, "d'agent du terrorisme" et de "prétendu journaliste", reprochant à l'Allemagne de l'avoir hébergé pendant un mois au consulat d'Istanbul avant qu'il ne se rende à une convocation de la police.

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"Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est-elle interrogée devant la presse, appelant à supprimer "les aides financières qui se montent en milliards d'euros de l'Union européenne".

Le prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, à la tête d'un vaste réseau d'écoles, d'entreprises et d'ONG, est accusé par les autorités turques d'avoir ourdi la tentative de putsch du 15 juillet 2016. "La Turquie est en train d'évoluer vers un Etat autoritaire", a estimé l'ancien président du Parlement européen sur la chaîne publique allemande ARD.

Angela Merkel a dévoilé devant la presse le contenu d'un document transmis récemment par son gouvernement aux autorités turques au sujet de la tenue de réunions électorales du parti au pouvoir, l'AKP, qui ont été autorisées sur le sol allemand, où vit la plus grande diaspora turque au monde.

Ce dernier a personnellement attaqué dimanche Mme Merkel, l'accusant de "pratiques nazies", en faisant allusion à l'interdiction de rassemblements électoraux en Allemagne, pour promouvoir auprès de la diaspora turque, le vote du "oui" au référendum sur l'élargissement des pouvoirs présidentiels, prévu le 16 avril prochain en Turquie.

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