Provocation de la presse turque avec un photomontage d'Angela Merkel en Hitler

20 Mars, 2017, 22:48 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le pouvoir turc annule tous les meetings pro-Erdogan en Allemagne

L'Etat-région allemand de Sarre (ouest) a annoncé vouloir interdire à tout responsable politique étranger d'organiser des réunions électorales sur son territoire, une mesure inédite dans le pays visant les rassemblements pro-Erdogan.

"J'ai dit de ce fait très clairement à mon homologue turc qu'une limite avait été franchie", dit Gabriel dans une interview que publie le journal Passauer Neuen Presse.

Samedi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a en effet affirmé s'attendre à ce que le Parlement approuve le rétablissement de la peine de mort après le référendum du 16 avril sur l'instauration d'un régime présidentiel.

La Turquie avait déjà accusé au début du mois l'Allemagne d'user de pratiques " nazies " en empêchant de tels meetings, et en refusant la participation de ministres turcs, provoquant une vive réaction à Berlin, Bruxelles et Paris.

La crise est devenue européenne cette semaine après que les Pays-Bas ont fermé le pays à deux ministres turcs venus faire campagne. Ils manifestent leur solidarité. Là aussi M. Erdogan a lancé des accusations de nazisme, et a d'une manière générale dénoncé le comportement de l'UE à son égard.

Par ailleurs, le président de la Commission européenne a dit ne pas croire aux récentes menaces de la Turquie de laisser à nouveau affluer les migrants vers l'Europe suite à l'interdiction de réunions électorales turques. "Une proche de la chancelière allemande, Julia Klöckner, vice-présidente du parti conservateur CDU, a appelé à répondre avec fermeté".

En outre, interrogé hier sur l'antenne de la chaîne de télévision CNN Turk, le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalim, a parlé d'une montée de la " Turquiephobie " en Europe pour expliquer les réactions enregistrées ici et là face à Ankara.

Cet accès de tension a encore écarté la perspective d'une intégration de la Turquie à l'UE, qui a pourtant été un leitmotiv des autorités turques depuis un demi-siècle. "Nous sommes plus éloignés que jamais de l'entrée de la Turquie dans l'UE", a commenté de son côté le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, dans Der Spiegel. "Ils ne nous ont pas accordé les Jeux olympiques alors que nous les méritions!", a lancé Recep Tayyip Erdogan, affirmant que la Turquie avait "accompli des progrès importants pour les Jeux olympiques en termes de préparation sportive et d'infrastructures". "C'est insolent, c'est une effronterie que le dirigeant d'un pays ami insulte ainsi la dirigeante de ce pays" a estimé l'ancien président du Parlement européen.

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