Berlin juge "inacceptables" les propos d'Erdogan — Nazisme

21 Mars, 2017, 01:50 | Auteur: Gerard Affre
  • Le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan à Istanbul le 12 mars 2017. 

"Contre qui? Mes frères citoyens turcs en Allemagne et les ministres frères" qui ont tenté de se rendre en Allemagne pour faire campagne en faveur de l'extension des pouvoirs présidentiels en Turquie, a-t-il ajouté.

Au point qu'il a fustigé dimanche les "méthodes nazies" de la chancelière allemande Angela Merkel.

Le chef de la diplomatie allemande assure que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a "dépassé une limite".

"Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plaît pas".

Samedi 18 mars, Recep Tayyip Erdogan a notamment évoqué sa volonté de rétablir la peine de mort, alors que son abolition fait partie des conditions préalables pour intégrer l'UE.

L'Allemagne est un vrai enjeu pour le président turc: elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

Elle a demandé l'arrêt des subventions européennes en faveur de la Turquie, prévues pour l'aider à se rapprocher de l'UE.

Dans un nouvel accès de fureur, la Turquie a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation de Kurdes lors de laquelle avaient été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, et avaient été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril. Il dément catégoriquement toute implication.

La Turquie avait déjà accusé au début du mois l'Allemagne d'user de pratiques "nazies" en empêchant des meetings, et en refusant la participation de ministres turcs, provoquant une vive réaction à Berlin, Bruxelles et Paris.

Utku Cakirozer, un ancien journaliste, qui est désormais un élu du Parti républicain du peuple (CHP), a également critiqué les interventions de l'Allemagne et des Pays-Bas, tout en affirmant que dans la démocratie turque, "la barre a été baissée considérablement et doit être relevée rapidement". "La Turquie est en train d'évoluer vers un Etat autoritaire", a estimé l'ancien président du Parlement européen sur la chaîne publique allemande ARD.

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